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Conjoncture: le chêne poursuit son ascension, le douglas redécolle

Le bois de chêne voit son prix bondir de 12% en 2016
Conjoncture: le chêne poursuit son ascension, le douglas redécolle

Avec une croissance positive pour les feuillus et une stabilité au global pour les résineux, le marché des bois sur pied engrange une hausse de 3 %, en 2016, en forêt privée.

 

À 58 euros le mètre cube en 2016, le prix du bois sur pied enregistre une progression de 3 % en moyenne par rapport à 2015. La tendance haussière constatée depuis 2013 se poursuit, selon l’indicateur 2017 du prix de vente des bois sur pied en forêt privée, établi sous la houlette de France Bois Forêt (FBF) par la Société forestière (Caisse des Dépôts), l’Association des sociétés et groupements fonciers et forestiers (Asffor) et les Experts forestiers de France (EFF).

Les volumes ainsi mis sur le marché (lors de 62 ventes) totalisent 1,9 million de m3 – c’est un recul de 11 %, dû pour l’essentiel à l’évolution des résineux.

Prix des bois sur pied 2015-2016

Prix en euros par mètre cube en 2015 et 2016 pour quelques essences. Données: indicateur du prix de vente des bois sur pied en forêt privée.

Le chêne soutenu par l’export et la tonnellerie

Les feuillus s’échangent à des prix en hausse au global, selon l’indice national. Ils se destinent à l’international pour environ 40 % des volumes.

Le chêne poursuit son escalade. Son prix bondit de 12 % en 2016 pour atteindre 151 euros le m3 – cette essence constitue 16 % des volumes mis en vente. L’ascension du chêne s’appuie sur l’exportation, vers le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Asie, notamment la Chine. Sur le marché intérieur, la tonnellerie tire la demande.

Les nouvelles règles phytosanitaires, qui rendent plus onéreux le traitement des grumes à l’export, ont pu contribuer à la baisse des cours de certaines essences, tel l’épicéa de Sitka. Mais, ce n’est pas le cas du chêne, aux dires de Philippe Gourmain, président des EFF :

« Ces mesures protectionnistes n’ont pas plombé le marché du chêne. »

Gilles Seigle, président-directeur général de la Société forestière, renchérit :

« La conjoncture porteuse permet d’écouler les chênes de qualité secondaire afin de mettre en œuvre une sylviculture axée sur la qualité. »

Cyril Le Picard, président de France Bois Forêt, a aussi son mot à dire sur le sujet :

« Si les Chinois achètent du chêne français plus cher que le chêne ukrainien, c’est en raison de sa qualité. »

L’Ukraine mène aussi une politique d’embargo sur l’export de ses bois ronds et la Commission européenne presse d’ailleurs Kiev de lever cette interdiction.

De plus, l’explosion des coûts du fret maritime de l’Europe vers la Chine provoque des secousses dans le commerce international, touchant tous les produits et matériaux. Ces coûts sont passés, ces derniers mois, de 300-400 dollars à 1 500, voire 1 800 dollars par conteneur. Les prix pratiqués par le fret maritime mondial s’étaient effondrés courant 2015-2016.

Situation contrastée pour les résineux

Parmi les résineux, le douglas tire son épingle du jeu. Il représente 24 % des volumes proposés à la vente. À 56 euros le m3, il grimpe de 7 % en 2016 (après une année 2015 morose). Pour les gros bois de douglas, cependant, la tendance est inverse.

Mis à part le douglas ou le pin sylvestre, les résineux tendent à voir leurs cours se dégrader. Le pin maritime encaisse une baisse de 6 %, mais ses prix pourraient s’orienter vers le haut, à moyen terme, dans un contexte de tensions sur la ressource en Aquitaine.

Les résineux dans l’ensemble clôturent l’année 2016 sous le signe de la stabilité (+ 1 %), à 43 euros le m3, avec d’importantes disparités régionales. Ils pourraient bénéficier d’une embellie en 2017, au vu des signaux positifs du secteur de la construction.

Bois énergie et d’industrie en panne

Les bois d’industrie et les bois énergie feuillus, à moins de 10 euros le m3, dégringolent de 33 %. Ils pâtissent de la chute des cours de la pâte à papier, d’une succession d’hivers doux et de stocks constitués par les industriels du panneau, dans l’attente de jours meilleurs.

Par ailleurs, l’élargissement de l’indice à des essences supplémentaires, frêne, châtaignier, sapin pectiné, reste à l’étude.

Bientôt, un indicateur pour forêts publiques et privées

Ces tendances confirment celles observées dans les ventes de bois issus des forêts publiques. L’Office national des forêts (ONF) fait part d’un renchérissement de 10 %, en 2016, du prix des bois de chêne. Le marché du hêtre, pour sa part, chute de 10 % (contre une baisse de 6 % selon l’indicateur sur les forêts privées). L’Office constate une demande en berne pour les grumes de hêtre en qualité secondaire, d’ordinaire orientées vers l’export ou en bois de chauffage.

Les ventes ONF de résineux et de bois énergie et d’industrie endurent un contexte économique peu favorable. Et la reprise du secteur du bâtiment peine encore à se répercuter sur la demande en bois, selon l’ONF.

Un indicateur regroupant les ventes de bois des forêts publiques et privées est en préparation, avec l’implication de France Bois Forêt. Il doit agréger les données Société forestière-Asffor-EFF, avec celles des coopératives (UCFF) et de l’ONF.

Chrystelle Carroy/Forestopic

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