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Disparition. Roland Martin, ex-président de l’Institut pour le développement forestier, bâtisseur de la forêt landaise

Roland Martin
Disparition. Roland Martin, ex-président de l’Institut pour le développement forestier, bâtisseur de la forêt landaise

Roland Martin occupa diverses responsabilités au sein d’instances forestières françaises. Il participa de la transformation du massif des Landes de Gascogne, à partir des années 1960.

 

Sylviculteur, acteur de la transformation du massif des Landes de Gascogne, personnalité active au sein d’instances forestières, Roland Martin s’est éteint le 2 août 2017, à 85 ans.

Il fut président de l’Institut pour le développement forestier (IDF) entre 1998 et 2006. À partir de 2006, et jusqu’en 2008, il est président délégué du comité de direction de l’IDF, alors que l’institut devient une entité du CNPPF, lui-même intégré par la suite dans le Centre national de la propriété forestière (CNPF). Roland Martin a aussi été vice-président de la fédération des syndicats de propriétaires forestiers privés (Fransylva).

Ses responsabilités à l’IDF l’amènent notamment à siéger au Conseil supérieur de la forêt et du bois, parmi les représentants des propriétaires forestiers privés. En 2003, il devient membre titulaire de l’Académie d’agriculture (section « forêts et filière bois »).

D’une économie de la gemme à une économie du bois

Lorrain d’origine, landais d’adoption depuis qu’il épousa une femme du cru en 1956, Roland Martin s’installe aux alentours de Mont-de-Marsan, en 1962, comme agriculteur. En 1964, il y reprend l’activité forestière familiale, sur environ 1 000 hectares.

Très vite, il participe à de premiers essais en vue d’assurer à la forêt landaise, et à ses pins maritimes, de nouveaux débouchés industriels. Son fils Xavier Martin, qui n’est autre que le directeur de la prospective et des études économiques du CNPF, en témoigne :

« Dans les années 1960, la récolte de la résine périclitait. À l’époque, les arbres, en faible densité, comportaient une forte canopée. Pour en obtenir la résine, il fallait de petits nœuds dans le bois. Peu importait que les arbres soient longs ou courts, droits ou flexueux, ou avec beaucoup d’écorce. L’objectif alors était de passer d’une économie de la gemme à une économie tournant autour du bois, d’une forêt semi-naturelle à des peuplements semi-industriels. »

Roland Martin s’y active, de concert avec plusieurs compagnons de route. Parmi eux, figurent d’autres propriétaires forestiers, dont Jacques Lescouzères, ancien président du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest (SSSO), Hugues de Montbron, président de groupement de productivité en Gironde, ou encore Dominique Dorlanne, qui fut président du SSSO et vice-président de Fransylva. À leurs côtés également, Jean-Antoine Ballarin, du pépiniériste Planfor, après avoir été technicien au centre de productivité et d’action forestière d’Aquitaine (SSSO).

Le repérage des arbres exceptionnels, puis la réalisation de croisements, ont marqué cette mutation économique et forestière dans le massif des Landes de Gascogne. Avec un suivi mené par l’INRA. Une parcelle plantée en 1969 a ainsi connu sa première récolte quatre décennies plus tard, juste avant la tempête de 2009.

Une « vision industrielle » de la forêt

« Il a apporté une vision industrielle, comptable et financière, qui se trouvait à des années lumières du milieu rural landais »,

observe Xavier Martin à propos de son père.

L’ingénieur, ex-directeur de l’École supérieur du bois (ESB), ajoute :

« Il vivait de sa forêt. »

De 1978 à 1984, Roland Martin préside Le Bois gascon, considéré comme la plus grosse coopérative de son éqoque. Si elle n’existe plus aujourd’hui, la structure compta aussi Dominique Dorlanne parmi ses présidents. Roland Martin s’est, de plus, impliqué au sein de la chambre d’agriculture des Landes, du centre de productivité et d’action forestière d’Aquitaine ou encore du Centre de gestion des Landes de Gascogne.

La fibre forestière s’est transmise au gré des générations. Si Xavier Martin incarne la relève aujourd’hui, ce n’est pas sans y mettre de sa propre perspective :

« Mon père aurait planté des pins jusque dans le parc de la maison. Pour ma part, je pense que le pin maritime ne fera pas tout. Que s’il pousse trop vite, il donnera des bois de maigre qualité, qui conduiront à la précarisation des forestiers. Il y a un nouveau marché pour le bois de chauffage, et intégrer des feuillus au milieu des pins pourrait être salutaire pour la forêt. »

Les obsèques de Roland Martin ont lieu le 7 août 2017 à 14h30 en l’église de Saint-Martin-d’Oney (Landes).

Chrystelle Carroy/Forestopic

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