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La biodynamie et une nouvelle essence expérimentées en forêt de Châtenay

Ensemencement d’une fosse de plantation avec une solution enrichie en bactéries
La biodynamie et une nouvelle essence expérimentées en forêt de Châtenay

La biodynamie va-t-elle remédier à des sols appauvris ? Un chêne venu de l’Est s’adaptera-t-il aux forêts de l’Ain et à leur évolution climatique ? Une expérimentation s’attelle à ces questions.

 

« Dans de très nombreux cas, la forêt n’a pas besoin de la biodynamie, c’est-à-dire de la réactivation de la vie microbienne du sol, à la fois bactérienne et fongique. Mais, en présence de sols pauvres, nous pouvons agir. »

Ainsi le pépiniériste Daniel Soupe décrit-il le sens de la plantation forestière expérimentale, lancée le 25 janvier 2017, à Châtenay, dans l’Ain (région Auvergne-Rhône-Alpes), sur une parcelle privée de 3,8 ha. Quelque 3 000 arbres fournis par Daniel Soupe ont été mis en terre, avec des financements de Reforest’Action. Le Syndicat des forestiers privés de l’Ain (Fransylva), qui représente 680 propriétaires (20 000 ha), est partenaire. Son président, Jean-Pierre Bouvard, est d’ailleurs le propriétaire de la parcelle de Châtenay.

La biodynamie ressort comme l’une des originalités de l’opération, aux côtés du choix des essences et d’une densité délibérément faible de la plantation. Le syndicat des forestiers de l’Ain espère trouver une issue face au dépérissement de peuplements forestiers. Emmanuelle Unrein, chargée de mission au syndicat, dépeint la situation :

« Un panel de propriétaires souhaitent agir. Mais, beaucoup d’arbres sont malades. Et cela fait plusieurs fois que des plantations ont lieu et que peu d’arbres prennent. Sur la parcelle de Châtenay, 800 chênes pédonculés ont été plantés l’an dernier. Seuls quatre ou cinq ont survécu. »

L’expérimentation de Châtenay comprend la plantation de 500 chênes pédonculés, 500 chênes à feuilles de châtaignier et 2 000 aulnes glutineux. Ces derniers savent assimiler l’azote de l’air, à l’aide de bactéries logées dans leur système racinaire. Ils rejoignent des chênes rouges d’Amérique (Quercus rubra), introduits l’an dernier en bordure de parcelle.

Chêne rouge (Quercus rubra) planté en bordure de la parcelle de Châtenay (2016)
Chêne rouge planté, en 2016, en bordure de la parcelle de Châtenay (photo: droits réservés)

La biodynamie, une nouvelle chance pour le chêne pédonculé ?

Les 500 chênes pédonculés du site ont reçu un traitement de biodynamisation. Au préalable, l’analyse du sol permet de sélectionner, parmi les micro-organismes présents, des bactéries fixatrices d’azotes et solubilisatrices de phosphore. Celles-ci sont ensuite multipliées en laboratoire, puis réinjectées dans le milieu, au moment de la plantation. Par ailleurs, l’ajout de champignons mycorhiziens vise à fortifier les jeunes arbres. Un broyat issu d’un taillis fournit aux racines un apport carboné.

La méthode a été mise au point par le laboratoire Agronutrition (groupe De Sangosse) pour l’agriculture, lequel se charge ici de la multiplication des micro-organismes. Pour la première fois, Daniel Soupe, basé dans l’Ain, expérimente cette biodynamisation en milieu forestier. Le pépiniériste a commencé, il y a six ans, à adapter, aux arbres d’ornement, ce procédé d’inoculation de champignons mycorhiziens et d’ensemencement par bactéries. Avec, à son actif, des réalisations dans une dizaine de villes, à Nancy, Pantin ou Genève.

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