Recherche forestière: l’INRA, Irstea et le CNPF définissent ensemble leurs priorités d’ici à 2024

Signature de la première convention tripartite entre CNPF, INRA et Irstea. Au premier plan, de gauche à droite: les présidents respectifs des trois structures, Antoine d’Amécourt, Philippe Mauguin, Marc Michel
Signature de la première convention tripartite entre CNPF, INRA et Irstea. Au premier plan, de gauche à droite: les présidents respectifs des trois structures, Antoine d’Amécourt, Philippe Mauguin, Marc Michel (crédit photo: Christophe Maitre/INRA)
Recherche forestière: l’INRA, Irstea et le CNPF définissent ensemble leurs priorités d’ici à 2024

Une nouvelle convention vise à resserrer les liens entre la recherche et la gestion des forêts privées, dans un contexte de changement climatique, d’essor des technologies numériques ou encore d’un intérêt confirmé pour l’enjeu du carbone.

 

Pour la première fois, les instituts INRA et Irstea et le Centre national de la propriété forestière (CNPF) s’accordent sur une convention tripartite. Le document vient d’être signé ce 1er mars 2019 au salon de l’agriculture à Paris, par Philippe Mauguin, Marc Michel et Antoine d’Amécourt, respectivement présidents de l’INRA, d’Irstea et du CNPF.

« Une co-construction de projets de recherche »

Cette feuille de route déroule un cadre pour les 5 années à venir. L’occasion de réaffirmer une coopération existante et d’actualiser les enjeux de recherche sur la forêt. Le tout avec une logique collective, souligne Catherine Bastien, chef du département de recherche sur les forêts (EFPA) à l’INRA :

« Nous nous inscrivons dans une co-construction de projets de recherche, au plus près des besoins des propriétaires forestiers, des reboiseurs, dans leur diversité, laquelle est bien représentée par le CNPF et ses antennes locales. Ce peut être, par exemple, pour tester de nouvelles essences de façon coordonnée dans différentes régions ou pour étudier de nouveaux scénarios de gestion sylvicole prenant en compte les contraintes hydriques. Nous mutualisons nos compétences qui sont complémentaires. »

Une approche partenariale qui fait partie des priorités de Philippe Mauguin.

Les projets pourront aussi rayonner au niveau européen. Le réseau du CNPF est actif, en effet, au sein du Partenariat européen pour l’innovation (PEI), un dispositif d’aides financé par la Commission européenne et qui comporte un volet forestier.

Changement climatique, sylviculture de précision, sciences humaines

Sans surprise, les priorités de recherche se tournent, entre autres, vers la résilience des écosystèmes forestiers face au changement climatique et aux risques naturels, tels que des invasions biologiques ou des températures extrêmes. Également au programme, l’économie circulaire, le renouvellement des forêts françaises, l’équilibre forêt-gibier, ou le suivi de la biodiversité en relation avec les services écosystémiques, dont le stockage du carbone.

Les partenaires comptent aussi faire davantage appel aux sciences économiques, humaines et sociales. Avec, par ailleurs, de nouveaux outils en perspective ; ainsi l’accord entend-il favoriser « la transition numérique pour une sylviculture de précision et le pilotage intelligent des forêts ».

L’ensemble a vocation à s’inscrire dans la lignée du programme national de la forêt et du bois (PNFB) et du Plan recherche & innovation 2025. Filière forêt-bois.

Vers des séminaires bisannuels pour la forêt

La convention devrait donner corps à des séminaires se tenant tous les 2 ans et dont la première édition pourrait avoir lieu en 2020 – d’ici là, l’INRA et Irstea auront achevé leur fusion en cours. Ces évènements sont, de plus, susceptibles d’intégrer la forêt publique avec l’Office national des forêts (ONF) qui a notamment renouvelé, en 2017, un partenariat noué avec l’INRA.

Le CNPF travaille déjà avec l’INRA et Irstea. Par exemple, avec d’autres acteurs, au sein du réseau mixte technologique Aforce sur l’adaptation des forêts au changement climatique. Et de même au sein d’In-Sylva France, une infrastructure de recherche collaborative lancée début 2018. De plus, l’accord confirme l’existence des postes d’interface, par lesquels l’INRA accueille et finance des agents du CNPF autour de thématiques choisies en commun.

C. C./Forestopic

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