Les financements du pin maritime iront au pin maritime

La CVO du pin maritime pourrait représenter jusqu’à 2,5 millions d’euros par an
Les financements du pin maritime iront au pin maritime

La contribution volontaire obligatoire (CVO) vaut désormais pour le pin maritime. Cette essence se voit consacrer des fonds dédiés, pour de futures labellisations ou la recherche et développement.

 

Le pin maritime entre dans le rang, enfin presque. Cyril Le Picard, président de l’interprofession France Bois Forêt (FBF), note :

« Les propriétaires forestiers qui ne payaient pas leur contribution volontaire obligatoire (CVO) s’en acquittent désormais, depuis le 1er janvier 2017. »

C’est ce que permet la création de la section spécialisée « pin maritime » au sein de FBF. À vocation nationale, cette section a fait l’objet d’un protocole d’accord signé, le 7 décembre 2016, par France Bois Forêt et le Comité interprofessionnel du pin maritime.

La fin d’une décennie de contentieux

Cet accord entérine la fin d’une décennie de contentieux. Il est l’aboutissement de négociations menées avec l’entremise du député de l’Yonne, Jean-Yves Caullet, en tant que médiateur, et par ailleurs président de l’Office national des forêts (ONF).

L’enveloppe en jeu s’élève à 2,5 millions d’euros bruts par an au maximum, selon un rapport de 2015 du Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER). Une somme par nature variable, puisque France Bois Forêt collecte la CVO en proportion des ventes de bois ou du chiffre d’affaires auprès des acteurs économiques de la filière forêt-bois.

La CVO vise à financer des actions collectives. Mais, pour le pin maritime, les sommes perçues doivent bénéficier à 90 % à cette essence. Les 10 % restants couvrent les frais de fonctionnement de FBF.

Le bois de pin maritime mis en avant

Ce compromis met au jour des différences d’approches. Selon Christian Pinaudeau, secrétaire général du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest (SSSO) :

« Comme la CVO du vin de Bordeaux va au vin de Bordeaux ou celle du pruneau d’Agen va au pruneau d’Agen, la CVO du pin maritime va servir le pin maritime, pour des procédures de labellisation, de marque, pour la recherche et développement ou la protection des forêts, en termes phytosanitaires ou face au risque incendie. La culture du produit, ce n’est pas de tomber dans un vase global où le nivellement par la moyenne tire vers le bas, en général. C’est pourquoi nous avons toujours refusé de cotiser à un fonds national. »

Le terroir est porteur de sens, estime Christian Pinaudeau :

« Dire au consommateur d’acheter du bois, c’est bien. Mettre en avant le pin des Landes, le chêne de Tronçais ou le bois des Alpes, cela nous semble plus parlant. »

Le pin maritime s’étale sur plus d’un million d’hectares de l’ex-région Aquitaine (aujourd’hui intégrée dans la Nouvelle-Aquitaine). Mais, cette CVO dédiée ne se limite pas à un périmètre géographique, veut rappeler le responsable du SSSO, mentionnant l’existence du pin maritime en Charente ou en Bretagne.

Le pin maritime reste la seule essence à disposer de sa section spécialisée, à ce jour. Les experts du CGAAER ont suggéré la création d’autres sections pour des espèces d’arbres à « fortes particularités », le douglas et le peuplier.

Chrystelle Carroy/Forestopic