La forêt et les hommes en mouvement à travers les siècles

Colloques – Conférences
  mercredi 15 avril 2026 14:30

  Académie d'agriculture  |  Paris, France

L’Académie d’agriculture de France organise une séance publique intitulée « La forêt en mouvement : quatre histoires d’hommes, quatre histoires d’arbres ».

La forêt est-elle un paysage stable et immuable ? Que voyons-nous si nous ne regardons plus les forêts comme une photographie de l’instant, mais comme un film qui se déroule dans la durée ? Sur le temps long, la forêt est en changement. Son histoire est intimement liée à celle des hommes. Partant de cette proposition, la séance partage « quatre histoires d’hommes, quatre histoires d’arbres ».

Programme

  • Introduction (Charles Dereix, section 2 « Forêts et filière bois »)

La frise « 15 000 ans d’histoire forestière », de la dernière glaciation à nos jours, croise la courbe d’évolution des surfaces des forêts avec celle de la population française, faisant ressortir des moments clés.

  1. « Sous la forêt, l’agriculture : l’exemple de la forêt domaniale de Compiègne » (Cécile Dardignac, chef de projet archéologie à l’Office national des forêts)

Cette première histoire commence avec la révolution néolithique, la fixation des chasseurs-cueilleurs, l’invention de l’agriculture et de l'élevage, la création de villages, les premiers défrichements… Une étude Lidar, menée par l’Office national des forêts, révèle l’existence, sous les arbres et souvent sous les sols, de 413 sites archéologiques, traces de villas ou d’activités agricoles : dans les premiers siècles de notre ère, de forêt il n’y avait pas ou presque pas.

  1. La forêt du Moyen Âge (Fabrice Guizard, professeur d’histoire médiévale, Université du littoral Côte d’Opale)

Les forêts médiévales ont peu à voir avec les massifs impénétrables et mystérieux des romans de chevalerie. Ces derniers, d'ailleurs, reconstituent une forêt littéraire dans la deuxième moitié du Moyen Âge, au moment où la France a perdu une grande partie de ses massifs sous la cognée des bûcherons professionnels et des paysans coupeurs de bois. La forêt est travaillée par les riverains pour les usages quotidiens, la pâture du bétail et la proto-industrie gourmande en énergie. Le paysage sylvestre est ouvert, lumineux, peuplé.

  1. « La forêt, source d’énergie » (Patricia Guyard, directrice des Archives départementales du Jura)

La forêt des XV-XIXe siècles est exploitée, voire surexploitée, pour le chauffage des villes et, surtout, pour fournir de l’énergie à la proto-industrie puis aux industrie. Les historiens le disent : le verre ou l’acier, c’est d’abord… le bois. Dans cette histoire, les salines du Jura avaient besoin de bois pour faire évaporer l’eau des saumures remontées du sous-sol. Puis, quand le charbon de terre a remplacé le chauffage au bois, les forestiers ont choisi de favoriser la futaie, résineuse ou feuillue.

  1. « L’épopée RTM : la restauration des terrains en montagne » (Olivier Marco, expert RTM, ex-chef du département des risques naturels à l'Office national des forêts)

La RTM est une politique publique de longue haleine, débutée en 1860, pour réinstaller une couverture forestière sur les pentes des montagnes, retenir les sols, lutter contre l'érosion et contre les crues dévastatrices. Ici, l’homme a donné la main à la nature, et a reconstitué de larges surfaces de forêt.

  • Conclusion (Guy Fradin, section 7 « Environnement et territoires »)

Comme le résume Andrée Corvol, historienne des forêts, « la forêt révèle la société ». Aujourd’hui, qu’est-ce que notre société demande à la forêt, et que décidons-nous de faire ?

Accès : libre et gratuit, sans inscription. Sur place ou sur Youtube.

 

Adresse
18 Rue de Bellechasse
75007 Paris, France

 

Carte


 

Toutes les dates


  • mercredi 15 avril 2026 14:30