Quand la charpente en bois prend le bateau

Quand la charpente en bois prend le bateau

Quitte à construire en bois, un matériau mis en avant pour son bilan carbone, autant préférer le fleuve à la route, lorsque cela est possible. Le transport de structures bois prend son essor sur la Seine, depuis des sites de production en Normandie et vers l’Île-de-France, bassin de consommation.

 

Après des expérimentations menées depuis 2 ans, l’entreprise normande Poulingue compte développer le recours au transport fluvial, à hauteur de 25 % de sa logistique d’ici à 2022. Une démonstration de déchargement de ses charpentes en bois depuis la Seine, à Paris, s’est tenue le 16 juillet 2021 (photo), dans le cadre du Forum bois construction, ouvrant de nouveaux horizons au Grand Paris du bois.

Murs et poteaux-poutres en bois par voie d’eau

Poulingue a déjà livré, par péniche, trois chantiers franciliens de structure bois dans le cadre de cette expérimentation, soutenue notamment par Voies navigables de France (VNF) et Haropa (ports du Havre, Rouen et Paris), et conduite en partenariat avec Blue Line Logistics (filiale de l’armateur français Sogestran). Poulingue projette de livrer par barges six autres chantiers de construction bois d’ici à la fin 2021. Le tout comprenant des poteaux-poutres ou des murs à ossature bois en épicéa finlandais, pour des opérations menées par les promoteurs immobiliers Woodeum et Ogic, ou la municipalité d’Argenteuil. Mais pas seulement, précise Victor Fraboulet, chargé de projet chez Pounlingue :

« Nous prévoyons de transporter par voie fluviale des terrasses et des loggias avec Woodeum, ainsi que notre produit développé avec le finlandais Metsä Wood, c’est-à-dire un plancher caisson à longue portée, ce qui permet par ailleurs de créer une nouvelle activité dans notre usine, car sinon le bois lamellé-croisé (CLT) nécessite peu de transformation. »

Transport fluvial et desserte urbaine

Les structures bois, assemblées par Poulingue dans son usine de Beuzeville (approvisionnée à 40 % en bois français), située à 15 km de la Seine, partent ensuite du port du Havre pour rejoindre Gennevilliers où l’entreprise dispose d’une plateforme de stockage. De là, le bateau dénommé « Zulu », ou le cas échéant de petits camions, prennent le relais pour la distribution urbaine.

« Le transport fluvial représente un surcoût de 5 à 10 % par rapport à la route, mais qui est absorbé par nos chantiers. En fonction de la massification des flux, nous estimons que nous divisons environ par trois nos émissions de CO2 dues au transport »,

ajoute Victor Fraboulet.

Ce faisant, Poulingue s’est basé sur un retour d’expérience de Cuiller, une autre entreprise normande de la construction bois qui s’intéresse à la voie d’eau. Le charpentier s’appuie, de plus, sur Probois. Ce projet, piloté par les interprofessions régionales forêt-bois Fibois Île-de-France et Normandie, a, d’une part, abouti à des avancées normatives pour le bois lamellé-collé en hêtre de Manubois (groupe Lefebvre) et, d’autre part, offert un entourage multi-acteurs pour les développements fluviaux de la Normandie vers l’Île-de-France ; ceci dans le cadre du contrat de plan interrégional État-régions Vallée de la Seine (2015-2020).

Ces travaux ont, de plus, permis la mise au point de la « Fleximalle », un conteneur pour le fluvial, adapté à l’industrie du bois.

Dans la filière bois, des initiatives ont déjà été menées sur l’eau. Par exemple, la coopérative forestière CFBL dispose d’une expérience dans le transport de grumes par péniche.

C. C./Forestopic

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