Le chauffage domestique au bois: le joker de l’énergie

Le SER propose des mesures pour dynamiser le chauffage domestique au bois
Le chauffage domestique au bois: le joker de l’énergie

Le bois de chauffage se veut une réponse aux éventuelles tensions sur le parc électrique. Le Syndicat des énergies renouvelables plaide en ce sens.

 

Le bois-énergie est l’un des meilleurs compléments au chauffage électrique, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et son président Jean-Louis Bal. Une assertion renforcée par Michel Antherieu, président de la commission bois-énergie du SER, au cours d’une conférence de presse du 15 novembre 2016. Les industriels entendent replacer le bois dans le mix énergétique.

Le moment semble bien choisi avec l’annonce de l’arrêt de certaines centrales nucléaires et d’éventuelles tensions sur la distribution électrique. Le régulateur de l’énergie (RTE) vient récemment de faire part de ses craintes quant à la période hivernale. Le parc électrique français traverse des zones de turbulence.

« Réduire la pointe de puissance électrique »

Or, le bois-énergie « réduit la pointe de puissance électrique de 5 à 10 GW en période de grand froid », assure le SER. Si le marché français est le premier européen, il a souffert ces deux dernières années d’une baisse des prix des énergies fossiles, de la parité euro/dollar ainsi que d’hivers peu rigoureux.

Profils moyens des puissances appelées à température de référence par usage [ECS: eau chaude sanitaire]
[ECS: eau chaude sanitaire]
Profils moyens des puissances appelées à température de référence par usage (source: SER)

Pour le redynamiser, la filière française propose des mesures. Parmi celles-ci un meilleur soutien public comme le crédit d’impôt pour la transition énergétique, l’éco-prêt à taux zéro ou encore des aides locales et régionales. Les collectivités locales pourraient être incitées à lancer des renouvellements du parc installé des appareils à chauffage au bois dans les zones géographiques sensibles à la pollution atmosphérique ou de forte concentration d’activités humaines. Le SER plaide pour l’instauration d’une « prime à la casse ». À l’instar de ce que les pouvoirs publics avaient créé pour le renouvellement du parc automobile, cette prime pourrait accompagner la substitution d’appareils de nouvelle génération aux vieux appareils de chauffage. Enfin, les professionnels verraient d’un bon œil l’abaissement du taux de TVA de 10 à 5,5 % sur les combustibles bois.

5 000 kWh/an produits avec le bois de chauffage

Plusieurs critères convient au choix de la source énergétique : le prix du kWh est annoncé à 4 centimes d’euros pour la bûche, à 5,82 centimes d’euros pour le granulé, contre 7,08 pour le fioul ou 15,55 pour l’électricité.

Le chauffage au bois représente, dans l’Hexagone, environ 5 000 kWh produits par an. Quelque 7,5 millions de foyers disposent d’un appareil de chauffage au bois à foyer fermé et il est fréquemment utilisé en complément des énergies conventionnelles, électricité et fioul.

Les évolutions technologiques récentes ont permis d’accroître le rendement calorique de 50 % à 70-75 % en une dizaine d’années et de diminuer les émissions de monoxyde de carbone (CO) et de particules fines. Le label Flamme Verte, créé par les industriels avec le concours de l’Ademe en 2000 pour qualifier les appareils de chauffage, représente aujourd’hui 93 % des ventes.

Le prix, l’élément déterminant du marché

Les objectifs fixés par l’Union européenne à l’horizon 2020 sont d’environ 20 % d’énergies renouvelables dans le concert énergétique. Le bois concourt à hauteur de 43 % de l’ensemble des renouvelables en France. Ce sont 50 millions de stères de bois et 1 million de tonnes de granulés qui sont consommés par an, précise Frédéric Coirier, dirigeant du groupe Cheminées Poujoulat.

La filière représente environ 20 000 emplois qu’il s’agisse des matériels, de la gestion forestière et des distributeurs. Et, assure le chef d’entreprise, il n’y a pas ou plus de conflit d’usage. Seul le prix est l’élément déterminant du marché, cela vaut pour les panneautiers ou les papetiers.

Sur la question d’éventuelles tensions sur la ressource, les intervenants assurent que, pour l’essentiel, sont réservés à la combustion les déchets et sous-produits de l’industrie forestière et de l’industrie du bois.

Martine Chartier/Forestopic

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