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Sapin de Céphalonie (crédit photo: Pascal Charoy)

Changement climatique: quelles essences d’arbres pour renouveler la forêt?

 

C’est la question du moment. L’État français va consacrer 150 millions d’euros pour adapter nos forêts aux nouvelles conditions du climat. Mais, par exemple, quelles essences pour remplacer les épicéas victimes des scolytes à basse altitude ? Dans son numéro d’avril 2021, Forêts de France apporte des éléments de réponse. 

La filière forestière a deux ans pour installer 50 millions de plants sur 45 000 hectares. Ces plantations inscrites dans le plan de relance de l’économie française vont dessiner les forêts de demain, supposées résister à la hausse moyenne des températures. Dans son numéro d’avril, Forêts de France fait le point sur les enjeux techniques de ce renouvellement forestier.

Les pépiniéristes se disent prêts à fournir les plants nécessaires. Pas d’inquiétude majeure pour les valeurs sûres que sont les chênes, sessile et pédonculé, ou le douglas chez les résineux. Il risque toutefois d’y avoir pénurie de graines pour des essences moins dépendantes en eau et peu plantées jusqu’alors. C’est le cas du chêne pubescent, commun dans le sud de la France et créant une alternative crédible dans les chênaies du nord, et des sapins méditerranéens qui sont encore peu présents sur le territoire –  sapin de Bornmüller, sapin de Céphalonie, sapin d’Espagne ou sapin du Caucase.

Des outils d’aide à la décision

Depuis 12 ans et la création du réseau mixte technologique Aforce (« Adaptation des forêts au changement climatique »), la communauté scientifique se mobilise sur ces enjeux. Elle a travaillé d’une part sur les outils de diagnostic qui doivent aider les gestionnaires à faire les bons choix et, d’autre part, sur les expérimentations de terrain destinées à identifier des essences ou provenances plus adaptées.

L’outil numérique BioClimSol, mis au point par le Centre national de la propriété forestière (CNPF), devient opérationnel. Il intègre le climat et ses extrêmes, et les conditions de terrain qui aggravent ou compensent le climat (sol, topographie, exposition). Des zones de vigilance climatique, spécifiques à chaque essence, sont couplées à un diagnostic précis de la station et du peuplement, pour préconiser in fine des recommandations sylvicoles, pour la gestion des peuplements sur pied, ou proposer des essences, pour les reboisements. L’outil a d’abord été développé sur le chêne pédonculé ; il intègre aujourd’hui d’autres essences : chênes sessile et pubescent, sapin, châtaignier, hêtre, douglas.

Des expérimentations de terrain à harmoniser

Le programme Esperense, lancé en 2018, teste sur le terrain de nouvelles essences ou de nouvelles provenances pour les espèces natives afin d’observer leur niveau d’adaptation au changement climatique. Ce réseau associant forêt privée et publique, Inrae et FCBA, doit mettre fin à l’hétérogénéité des expérimentations sur les essences forestières. L’Office national des forêts (ONF), par exemple, va installer, d’ici à 2022, 250 îlots d’avenir selon les protocoles définis par Esperense. Une soixantaine d’essences et provenances, certaines très exotiques, seront testées. Les « élues » ont été choisies parmi les espèces peu gourmandes en eau, présentant une bonne croissance (plus de 25 m de hauteur) et non envahissantes. Les essais visent une qualité de bois éclectique, du bois d’industrie au bois de structure.

Les propriétaires privés sont nombreux à se porter volontaires et à ouvrir leurs forêts aux expérimentations, car les attentes sont fortes.

Pascal Charoy (Forêts de France)



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Rubrique humoristique et satirique de la forêt et du bois



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