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La forêt compte des métiers en tension, tel celui de planteur (crédit photo: Sylvain Gaudin/CNPF)

Recruter et donner le goût du travail en forêt

 

La filière forestière aura besoin de 1 500 ouvriers sylviculteurs supplémentaires pour tenir les engagements du plan de relance. Il est donc urgent de revaloriser ces métiers qui ont souffert du recul régulier des reboisements depuis le début des années 2000. Dans son dossier du mois de mai 2021, Forêts de France présente les enjeux de l’emploi et de la formation, et des voies pour redonner le goût du travail en forêt. 

Le volet forestier du plan de relance de l’économie française prévoit de renouveler en 2 ans 45 000 hectares de forêt. Cela va demander un effort sans précédent aux pépiniéristes, mais aussi aux entreprises de reboisement. Or, on sait qu’il n’est pas facile de recruter des ouvriers sylvicoles.

Faire connaître les métiers sylvicoles

Actuellement, la Fédération nationale entrepreneurs des territoires (FNEDT) recense 16 500 emplois dans 7 000 entreprises de travaux forestiers et sylvicoles, pour un chiffre d’affaires cumulé estimé à 1 milliard d’euros. Elle a calculé les besoins supplémentaires en main d’œuvre : il faudra mobiliser 1 500 à 1 700 opérateurs de travaux sylvicoles, principalement répartis dans les régions Grand Est, Bourgogne Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes.

Afin de faire bouger les lignes de manière durable, la fédération a initié un groupe de travail pour « promouvoir, orienter et former vers les métiers d’opérateur de travaux sylvicoles, manuels et mécanisés ». Les entrepreneurs de travaux forestiers (ETF) vont travailler avec l’opérateur de compétences Ocapiat, afin d’identifier les besoins du plan de renouvellement forestier, les consolider dans un référentiel de formation et enfin rendre ces formations opérationnelles dans les meilleurs délais.

Faire découvrir la gestion forestière

Dans son numéro de mai, Forêts de France présente les stratégies mises en place dans plusieurs entreprises de reboisement et coopératives. Mais au-delà de ce besoin conjoncturel, c’est un mouvement de fond qu’il va falloir déclencher pour attirer les jeunes vers les métiers manuels de la forêt : réduire la pénibilité des tâches répétitives, améliorer les salaires. Faire découvrir au grand public la gestion forestière participe aussi à cet effort, afin de lever les doutes sur l’intérêt qu’il y a à travailler en forêt. Le 21 mai 2021, AgroParisTech lance le premier MOOC sur la forêt*. Unique en France, et sans équivalent en Europe, cette formation à distance permettra à ceux qui s'intéressent à la forêt de mieux comprendre ses enjeux. 

Sur le terrain, les propriétaires forestiers peinent eux aussi à recruter du personnel et cherchent des solutions. En Seine-et-Marne, un groupement d’employeurs recherche depuis 2 ans un ouvrier sylvicole pour s’occuper des forêts de ses adhérents. Le groupement envisage de faciliter l’installation du salarié en lui procurant un logement. En Bretagne, un autre groupement a réglé le problème en recrutant tous les 2 ans des élèves de BTS gestion forestière en alternance.

Enfin, une note d’optimisme : le désir de nature que les Français expriment depuis le début de la crise sanitaire (Covid-19) devrait se traduire dans les faits et attirer de plus en plus de jeunes vers les métiers « verts ». Quoi de plus « vert » que la forêt ?

Pascal Charoy (Forêts de France)

* MOOC : Massive open online course, que l’on peut traduire par « cours en ligne ouvert à tous ».



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Grivoiseries
Rubrique humoristique et satirique de la forêt et du bois



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