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Des communes du Luberon se regroupent pour leur certification forestière PEFC

Signature d’un document affichant l’engagement de la communauté de communes Cotelub à faire certifier les forêts communales par l’intermédiaire des maires. Paul Fabre (à gauche), président de Cotelub, et Jean-François Lovisolo (à droite), son vice-président et maire de La-Tour-d’Aigues
Des communes du Luberon se regroupent pour leur certification forestière PEFC

Plutôt que d’agir en ordre dispersé, une dizaine de communes forestières mènent une démarche collective d’obtention de la certification PEFC. De quoi mettre en avant la gestion durable des forêts et s’inscrire dans la filière bois.

 

Les incendies qui se sont propagés sur 1 200 hectares dans le Luberon (Provence-Alpes-Côte d’Azur), à l’été 2017, ont créé une onde de choc. Et mis en exergue le rôle préventif que peut jouer la gestion forestière face au risque de feux de forêt.

Jean-François Lovisolo, maire de La-Tour-d’Aigues, dont les 340 hectares de forêt ont disparu sous les flammes, et vice-président de la communauté territoriale Sud Luberon (Cotelub), en témoigne :

« Pour la mobilisation des secours, la facture s’est montée à 2 millions d’euros. L’incendie a été catastrophique pour l’argent public. Sans compter les pompiers blessés. Mais, si nous créons une politique sylvicole intégrée, avec des coupes de bois, l’entretien de la forêt pourrait ne rien nous coûter. Et nous pourrons dire aux citoyens, si ce n’est pas fait, voilà ce qu’il se passe. »

Certification PEFC chapeautée par l’intercommunalité

Cette nouvelle démarche se structure dans un projet pilote, où Cotelub fédère ses communes membres en vue de l’obtention de la certification de gestion durable des forêts PEFC. Sur 16 communes du territoire, 13 sont forestières. Quelque 1 300 hectares avaient obtenu leur labellisation, courant décembre 2018, pour 4 415 hectares de forêts communales au total.

Les élus de Cotelub ont délibéré, afin que l’intercommunalité finance les frais de certification de ses communes. Puis, la certification forestière fait l’objet d’un vote au sein de chaque conseil municipal.

« C’est une première en France », s’enthousiasme Christian Salvignol, président de PEFC Provence-Alpes-Côte d’Azur. Qui plus est dans une région où « moins de 50 % des forêts communales sont certifiées PEFC ».

Répondre à la demande en bois certifié

Le président régional de PEFC y voit des enjeux écologiques, et aussi économiques :

« La demande en bois certifié est très supérieure à notre capacité de production. La forêt, aujourd’hui, n’est pas utilisée au maximum de ses possibilités, alors que les industriels de notre région cherchent du bois certifié. »

C’est, pour le bois de trituration, l’usine du papetier Fibre Excellence à Tarascon et, pour le bois énergie, la centrale d’Uniper à Gardanne ou encore celle de Sylviana à Brignoles, détenue par Altawest et la Caisse des Dépôts.

Uniper est d’ailleurs partie prenante du projet, aux côtés de l’interprofession forêt-bois régionale Fibois Sud et des services de l’État (Draaf).

De plus, « le développement du bois construction commence à frémir, avec de la demande en bois certifié », constate Christian Salvignol. Essence pionnière, le pin d’Alep vient d’entrer dans la norme sur la construction bois.

Quel impact pour les forêts et la sylviculture ?

Les élus locaux espèrent un entretien plus énergique de ces forêts méditerranéennes. Cela reste une démarche de long terme, souligne Bertrand Fleury, de la direction territoriale Midi-Méditerranée à l’Office national des forêts (ONF), gestionnaire :

« Au moment de l’élaboration du plan de gestion, les coupes de bois qui n’étaient pas programmées peuvent le devenir, au choix du propriétaire. La sylviculture, ce n’est pas seulement couper du bois. Cela nécessite aussi d’investir dans des travaux, comme le dépressage qui réduit la densité et donc la concurrence entre les arbres, avant les premières coupes d’éclaircies, afin d’obtenir des peuplements forestiers de qualité. »

Tout en tenant compte du milieu naturel :

« Les enjeux de mobilisation du bois ne sont pas nuls sur le territoire de Cotelub. La sylviculture du pin d’Alep peut s’envisager là où la fertilité des sols le permet. Cela ne sera pas possible partout. Le massif comprend des zones sous fortes contraintes, avec des sols pauvres, des conditions difficiles pour la végétation, et où la fonction récréative ou écologique de la forêt peut primer »,

poursuit le responsable de l’ONF.

Les acteurs du projet entendent ensuite diffuser la dynamique auprès des propriétaires forestiers privés du territoire. Et d’autres intercommunalités pourraient s’inspirer de cette initiative groupée.

C. C./Forestopic

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