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L’Occitanie veut oxygéner sa filière forêt-bois

L’Occitanie entend mettre la priorité sur la valorisation des feuillus
L’Occitanie veut oxygéner sa filière forêt-bois

L'Occitanie entame les négociations de son plan régional forêt-bois et de son contrat de filière. L’occasion de dresser un diagnostic du territoire.

 

« Nous voulons aller vite. »

Ainsi Vincent Labarthe, vice-président d’Occitanie en charge de l’agriculture et de la forêt, affirme-t-il la volonté de la région qui vient de lancer l’élaboration de son programme régional forêt-bois (PRFB) et de son contrat de la filière entre l’État, la région, les professionnels.

« L’Occitanie veut donner du souffle à un tissu industriel en manque d’oxygène »,

assure l’élu.

La région vient de tenir, en septembre 2017, ses assises de la filière forêt-bois, à Toulouse, placées sous la double présidence de Pascal Mailhos, préfet de région, et de Carole Delga, présidente du conseil régional. Elles ont réuni 430 personnes.

Le calendrier est serré. En vue de définir le contrat de filière, la concertation tripartite doit s’achever fin 2017. « Nous espérons procéder à la signature du contrat au cours du premier semestre 2018 », indique Évelyne Nguyen, déléguée générale de Fibois Occitanie, nouvelle association interprofessionnelle issue de la fusion d’Arfobois et de Midi-Pyrénées Bois. Les moyens financiers et les modalités d’intervention ne sont pas encore définis.

Vincent Labarthe prévient :

« Nous voulons proposer une boîte à outils, tout en évitant le saupoudrage. »

Les assises 2017 de la forêt et du bois en Occitanie ont rassemblé 430 personnes (crédit photo: Fibois Occitanie)
Les assises 2017 de la forêt et du bois en Occitanie ont réuni 430 personnes (crédit photo: Fibois Occitanie)

Une filière forêt-bois fragmentée

Les assises ont mis au jour les marges de progrès de la filière régionale. Caroline Jamet, directrice régionale de l’Insee Occitanie constate que la filière forêt-bois d’Occitanie crée moins de richesse qu’ailleurs, soit 61 000 euros par emploi contre 62 500 euros en moyenne nationale. L’Insee souligne la petite taille des entreprises (2,8 emplois par entreprise) et leur faible intensité capitalistique, une notion qui peut se résumer par le rapport entre les immobilisations corporelles brutes (principalement usines et machines) et l’effectif salarié. Ce rapport est de 120 000 euros par emploi en Occitanie, contre 175 000 euros par emploi en Nouvelle-Aquitaine où le caractère industriel est plus marqué.

L’Occitanie se caractérise par une sous-valorisation de sa ressource forestière en bois. Les experts forestiers, l’Association des sociétés et groupements fonciers et forestiers (Asffor) et la Société forestière (groupe Caisse des Dépôts), annoncent des prix de ventes des résineux (douglas, épicea et pin laricio) inférieurs aux prix moyens enregistrés en France. Cet écart s’élève à environ 30 % en moyenne (de 17 à 55 % selon les catégories de bois et les essences).

La deuxième région forestière de France
Avec 25 millions d’hectares boisés dont les trois quarts en feuillus, l’Occitanie revendique le statut de 2e région forestière de France. Sa filière comporte 5 800 entreprises et 21 000 emplois. Vincent Labarthe, vice-président du conseil régional, constate, par ailleurs, que « les collectivités territoriales se mobilisent », par exemple à travers les démarches des chartes forestières de territoire et des plans de développement de massif. Christophe Gleize, président de Fibois Occitanie rappelle qu’avec 3,9 millions de mètres cubes de bois récoltés, la région se place au 5e rang de la production nationale. Les conifères couvrent moins d’un quart de la surface boisée, mais représentent plus de deux tiers des ventes de bois.

De nouveaux indicateurs économiques à l’étude

Les entreprises régionales de la deuxième transformation s’approvisionnent majoritairement hors de la région, selon une étude de marché réalisée par le cabinet Alcimed. Les entreprises de la deuxième transformation qui fabriquent des produits finis (menuiserie, charpente, construction, ameublement...) se détourneraient des bois locaux proposés par les entreprises de la première transformation (scieries) en raison d’un moindre niveau de qualité.

« Nous avons besoin d’établir un point zéro pour mieux juger de l’évolution des actions qui seront engagées », explique Évelyne Nguyen. L’Insee devrait ainsi affiner ses indicateurs économiques. Car les codes de la nomenclature d’activités française (NAF) ne suffisent pas à tracer le périmètre de la filière forêt-bois. Ainsi en Occitanie, l’Insee indique que la différence entre le « périmètre restreint » et le « périmètre étendu » est d’environ 17 % en nombre d’établissements et de 26 % en termes d’emplois. Un écart suffisamment important pour être pris en considération dans les stratégies.

Augmenter la récolte et la consommation de bois

La région annonce vouloir augmenter la récolte de bois de 33 %. Cela revient à 1,3 million de m3 additionnels, tandis que son gisement représente 313 millions de m3 sur pied, avec une production biologique de 9,7 millions de m3 par an. La valorisation des bois feuillus sera prioritaire. En corollaire, « nous voulons augmenter la consommation de bois », annonce Vincent Labarthe qui évoque notamment le développement de la construction bois.

Les décideurs régionaux mettent l’accent sur la première transformation du bois. « Nous voulons faire monter les entreprises en compétence et les aider à passer d’une situation d’entreprises artisanales à celle de PME », précise Évelyne Nguyen. Le futur contrat de filière devrait comporter un volet qualité. Les industriels de la première et de la deuxième transformations devraient se concerter pour harmoniser et renforcer les cahiers des charges. D’autres pistes sont évoquées, comme l’amélioration de la relation client ou le marketing pour mieux adapter l’offre aux attentes des marchés.

Des principes d’actions restent à préciser : « Faut-il renforcer les entreprises existantes ou encourager la création de nouvelles ? Doit-on faire venir des entreprises extérieures sur les savoir-faire qui nous manquent ? », questionne Évelyne Nguyen.

L’adhésion à la marque « Sud de France » envisagée

L’adhésion à la marque « Sud de France » est envisagée. Ce signe distinctif est, depuis 2006, utilisé pour promouvoir les produits gastronomiques du Sud-ouest.

La concertation est en marche. Un premier atelier regroupant une soixantaine de chefs d’entreprise s’est tenu le 16 octobre. Il a permis d’identifier les forces et les faiblesses de la filière occitane face aux marchés porteurs. Un deuxième atelier, programmé le 7 novembre, se destine aux institutionnels et aux partenaires. Un troisième, le 1er décembre, doit décliner les axes stratégiques en actions opérationnelles.

François Delaunay/Forestopic

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