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Valoriser la filière forêt-bois dans la concurrence mondiale (Christophe Naegelen, député)

Christophe Naegelen, député des Vosges
Valoriser la filière forêt-bois dans la concurrence mondiale (Christophe Naegelen, député)

La ruralité et sa place dans l’économie sont l’un de ses « thèmes de prédilection », tandis que s’annonce la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Entretien avec Christophe Naegelen, député des Vosges.

 

Député des Vosges (3e circonscription) depuis juin 2017, Christophe Naegelen fait partie des parlementaires qui s’apprêtent à rejoindre le groupe d’études « forêt, bois, meubles et ameublement » en cours de création à l’Assemblée nationale. Vice-président de la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi « pour un État au service d'une société de confiance », il est par ailleurs chef d’entreprise dans l’ameublement.

Dans le calendrier législatif en cours et à venir, y-a-t-il des dossiers sur lesquels vous travaillez et qui concernent la filière forêt-bois ?
C. N. : Le projet de loi pour une société de confiance va simplifier la vie de toutes les entreprises dans leur relation avec l’administration. Courant 2018, l’apprentissage et la formation professionnelle seront aussi d’actualité.

Comment travaillez-vous avec les professionnels de cette filière ?
C. N. : C’est une filière importante dans les Vosges. Elle y représente plus de 10 000 emplois. La forêt croît et s’étend sur 282 000 hectares. Le taux de boisement s’élève à 48 %. Et encore plus dans ma circonscription, en zone de montagne. Deux établissements d’enseignement y sont en lien direct avec le bois, le lycée André Malraux à Remiremont et le lycée professionnel de Saulxures-sur-Moselotte qui forme des scieurs et se trouve en demande d’étudiants. Nous avons des entreprises de la filière bois qui recherchent de la main d’œuvre.

Comment rendre ces métiers plus attractifs auprès des jeunes, selon vous ?
C. N. : De façon générale, il y a un besoin de mieux valoriser l’apprentissage et les formations professionnelles. Expliquer que l’on ne scie plus comme il y a 200 ans, que c’est un métier qui devient technique, tout en restant au contact de matériaux naturels. Avec les nouvelles technologies, nous devrions être capables d’attirer les jeunes.

Vous avez cosigné une proposition de loi qui classe la pyrale du buis comme une « espèce nuisible ». Où en est ce texte ?
C. N. : Selon la procédure législative, il faudrait que le groupe parlementaire du député qui l’a déposé, Philippe Folliot, le valide et l’accepte dans sa niche parlementaire. Ou alors, qu’un autre groupe le porte. Mais, c’est plus facile de le faire adopter lorsque le texte relève du groupe majoritaire.

Vous êtes vice-président du groupe d’amitié France-Chine à l’Assemblée nationale. Allez-vous y aborder les échanges entre ces deux pays dans le domaine du bois ?
C. N. : Cela fera partie des sujets abordés, notamment lors des différentes auditions et des échanges qui seront menés. La Chine opère un léger revirement dans l’écologie et la préservation de ses ressources naturelles ; il peut être espéré que cela va octroyer un chèque de conscience au niveau mondial.

Vous êtes chef d’une entreprise familiale de distribution dans l’ameublement. À ce titre, comment vous situez-vous par rapport aux débats sur les produits bois importés ?
C. N. : Nos produits sont de fabrication française ou internationale. Notamment des meubles ou du parquet en chêne massif. Un de mes premiers fournisseurs est Ateliers de Langres qui utilise du chêne français pour ses meubles. Dans le meuble en bois massif, le Portugal vient en deuxième position. Dès que nous sommes en présence de bois massif, peu importe l’origine du produit, il entre en milieu ou haut de gamme et le prix est plus élevé que pour le mélaminé. Bien sûr, nous préférons valoriser les produits à base de matières nobles.

La prise en compte de la forêt et du bois par le gouvernement est-elle satisfaisante ?
C. N. : La défense de la ruralité est un de mes thèmes de prédilection. Là où se trouvent le plus de forêt et de bois, c’est dans nos territoires ruraux. Il faut que le gouvernement prenne mieux conscience que cette filière représente des emplois et des entreprises. Nous avons du bois de qualité, des entrepreneurs et du personnel de qualité qu’il faut valoriser dans la concurrence mondiale. Sans oublier la dimension écologique, la continuité et la qualité de la forêt.

Entretien réalisé par Chrystelle Carroy/Forestopic

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