Combien de temps le coronavirus Covid-19 reste-t-il sur les matériaux bois et fibreux?

Le comportement du coronavirus sur un matériau bois dépend de nombreux paramètres
Le comportement du coronavirus sur un matériau bois dépend de nombreux paramètres (photo: droits réservés)
Combien de temps le coronavirus Covid-19 reste-t-il sur les matériaux bois et fibreux?

Quelle est la durée de survie du virus responsable du Covid-19 (SARS-CoV-2) sur les surfaces inertes, en particulier le bois, les dérivés du bois et autres matériaux à base de fibres de bois ? FCBA et le Haut Conseil de la santé publique, entre autres, se prononcent sur le sujet.

 

« Le bois fait partie des matériaux où la durée de présence du virus semble la plus réduite. »

C’est ce qu’observe l’institut FCBA qui a sollicité, pour cela, la commission d’experts Tox-Ecotox, d’ordinaire mise à contribution pour évaluer l’impact sur la santé et l’environnement de produits de traitement du bois.

Pas de durée en valeur absolue, selon FCBA

Difficile d’être plus précis. D’une part, « plusieurs études ont été réalisées sur le sujet, mais elles n’aboutissent pas aux mêmes résultats », relève FCBA. D’autre part, une palette de paramètres entre en ligne de compte, qu’il s’agisse de bois massif, brut ou raboté, de bois contreplaqué ou de panneaux, avec ou sans revêtement, plus ou moins de colle, d’une surface plus ou moins poreuse, etc.

Aussi, « il apparaît hasardeux d’afficher des durées de persistance du Covid-19 sur ces surfaces inertes », d’après FCBA. Néanmoins, à partir d’une étude comparative de la littérature scientifique, parue en mars 2020 dans The Journal of Hospital Infection, FCBA parvient à la conclusion que le bois est l’un des matériaux sur lesquels le coronavirus tendrait à rester actif moins longtemps.

La durée de vie du Covid-19 dans l’environnement dépend de nombreux facteurs et elle n’est que de « quelques heures sur des surfaces inanimées », affirme par ailleurs le virologue Manuel Schibler, dans une vidéo réalisée par les hôpitaux universitaires de Genève et publiée fin février 2020.

« Environ 24 heures sur du carton »

De son côté, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) n’hésite pas à retenir des valeurs absolues :

« Le SARS-CoV-2 survit quelques heures, voire quelques jours, à température ambiante, sur diverses surfaces, selon le type de matériau : environ 24 heures sur du carton, et 2-3 jours sur du plastique ou sur de l’inox. »

Le HCSP s’appuie sur des analyses menées par des scientifiques états-uniens et présentées, le 17 mars 2020, dans la revue The New England Journal of Medicine – des travaux également intégrés par FCBA.

D’un coronavirus à l’autre

L’article du Journal of Hospital Infection, produit par des scientifiques allemands, estime que les coronavirus peuvent survivre jusqu’à 9 jours sur les surfaces ; les auteurs expliquent aussi que la température ambiante ou la charge virale peuvent faire varier les résultats.

Le Syndicat français des industries de l’emballage léger en bois (Siel-Grow) a lui aussi passé en revue la bibliographie scientifique traitant des coronavirus en contact avec les matériaux, un travail qu’il a confié à une chargée de mission, Florence Aviat, docteur en biologie.

Au 22 mars 2020, une seule publication qui aborde le bois en particulier est ainsi identifiée. Parue dans Biomedical and Environmental Sciences, elle date de 2003 et concerne un autre coronavirus, le Cov-P9, notamment testé sur une planche à découper en bois dont l’essence n’est pas précisée. D’après cette étude sur le Cov-P9, le Siel estime que « le bois est le matériau où la survie du virus est la plus faible et cela dès le départ, puisque entre 75 % et 100 % de la charge virale est détruite dans les six premières heures, entre 50 et 75 % pour le plastique, entre 25 et 50 % pour le verre. »

Or, pour le bois, la publication du Journal of Hospital Infection a repris ces travaux de 2003, fait remarquer le syndicat.

Côté prévention, selon le ministère de la Santé, le Covid-19 se transmet par les gouttelettes respiratoires ou par le contact des mains non lavées souillées par des gouttelettes. D’où les « gestes barrières » recommandés, comme celui de se laver les mains.

Chrystelle Carroy/Forestopic

Mis à jour le 3 avril 2020

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