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Par son régime omnivore et son comportement fouisseur, le sanglier influe aussi bien sur la faune que sur la flore et le sol

Le sanglier est-il une menace pour la biodiversité des forêts en Europe?

 

Végétation, faune et sol : quel est l’impact du sanglier sur l’écosystème forestier ? Pour explorer cette question, un article paru dans la Revue forestière française livre le résultat d’une revue bibliographique réalisée à partir de plus de cent publications. Les auteurs s’intéressent aux études réalisées en Europe sur les deux sous-espèces Sus scrofa scrofa et Sus scrofa meridionalis.

Une population de sangliers en augmentation en Europe

Depuis trente ans, le nombre d’ongulés sauvages, et particulièrement de sangliers, ne cesse d’augmenter en Europe. Le sanglier, prolifique et grégaire, est capable de se concentrer sur une faible surface et d’avoir un impact fort sur le milieu. Son régime omnivore et son comportement fouisseur lui permettent d’influer aussi bien sur la faune que sur la flore et de modifier le sol.

Le sanglier ingère des végétaux, des champignons ou des animaux. Il recherche sa nourriture à la surface ou plus en profondeur pour accéder aux parties souterraines des plantes (racines, bulbes, tubercules). Le sanglier peut fouiller le sol dans des profondeurs comprises entre 5 et 15 cm.

Des conséquences sur la banque de graines et la biodiversité végétale

Le retournement du sol et la consommation de graines ont des conséquences sur la banque de graines et sur la biodiversité végétale. En Angleterre par exemple, la dynamique de la jacinthe des bois est apparue affectée par les fouilles de sanglier avec à la fois une baisse du recouvrement de plus de 30 % et une floraison moins abondante. L’activité de l’animal peut faire augmenter ou non la diversité floristique selon les milieux.

La fouille du sol homogénéiserait la banque de graines en augmentant l’abondance et le nombre d’espèces dans les milieux pauvres, tout en diminuant l’occurrence des graines des espèces dominantes dans les milieux plus riches. Cependant, une étude menée en Suisse montre une absence de différences entre des zones fouillées et d’autres non fouillées.

Régénération forestière modifiée

Le sanglier joue un rôle dans la dispersion des graines. Ces graines germent difficilement sous le couvert forestier, mais peuvent se développer en cas de coupe rase ou si les arbres tombent au sol (chablis), ce qui contribue à diversifier le cortège floristique.

La présence du sanglier est susceptible de modifier la régénération forestière. Selon une étude réalisée dans une yeuseraie (chênaie verte) en Espagne, l’abondance des glands diminue de plus de 50 % en présence des sangliers. Des publications associent sa présence à la mortalité de semis dans les zones retournées ; d’autres concluent à l’absence de lien entre l’intégrité des racines des arbres et les fouilles.

Le sanglier, prédateur et proie

Le sanglier peut être un prédateur pour les vers de terre ou les oiseaux, avoir un impact sur les rongeurs ou sur le déplacement du chevreuil, voire pousser ce dernier à abandonner son territoire. Enfin, le sanglier constitue une proie pour certains animaux, ce qui n’est pas sans effet sur la dynamique de populations de prédateurs comme les loups.

Le fonctionnement du sol affecté par les fouilles des sangliers

Dans le sol, le retournement causé par la fouille peut avoir des conséquences sur l’activité microbienne et la minéralisation de la matière organique.

Créer des protocoles de recherche communs

Le sanglier influe sur toutes les composantes de l’écosystème, qu’il s’agisse de la flore, de la faune ou des propriétés chimiques du sol. La fréquence des fouilles et les variations de comportement du sanglier selon les saisons sont à prendre en compte.

Il apparaît nécessaire, cependant, de mener des études sur un plus long terme avec des protocoles de recherche communs, afin de mieux quantifier les impacts du sanglier sur les écosystèmes.

D’après « Le sanglier en Europe : une menace pour la biodiversité ? »
par Marine Vallée (Office national des forêts, agence ONF de Savoie) et François Lebourgeois (Lerforb, AgroParisTech, INRA)
paru en 2017 dans la Revue forestière française n° 6-2016.



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