Publicité

50 indicateurs pour des forêts françaises en expansion, et sous surveillance

surfaces boisees
50 indicateurs pour des forêts françaises en expansion, et sous surveillance

La cinquième édition des Indicateurs de gestion durable des forêts françaises métropolitaines vient de paraître. Elle fait état d’une hausse de la ressource en bois. La santé des forêts paraît satisfaisante, mais reste sous surveillance.

L’Institut de l’information géographique et forestière (IGN) vient de publier la cinquième édition des Indicateurs de gestion durable des forêts françaises métropolitaines (IGD 2015). Sur près de 350 pages, le rapport dresse une carte d’identité détaillée des forêts de métropole et de leur évolution sur plus de 30 ans.

• La forêt appartient aux trois quarts à des propriétés privées et pour un quart à des propriétaires publics. Les quelque 3,3 millions de propriétaires forestiers représentent 12 % des ménages.

La surface boisée progresse. Elle est passée de 14,4 à 16,4 millions d’hectares en 20 ans. Les nouvelles forêts sont « essentiellement feuillues et issues d'accrus naturels », relèvent les IGD 2015.

Le volume de bois augmente. Il représente aujourd’hui 161 mètres cubes à l’hectare.

50 % du volume de bois produit chaque année est exploité, tandis que pour 30 % des volumes, l’exploitabilité des forêts est jugée « difficile à très difficile ».

Le bois mort sur pied est évalué à 6 mètres cubes par hectare (contre 1,6 m3 en 1999). En termes de biodiversité, « les volumes de bois vieillissant ou mort assurent la sauvegarde d’espèces dont la sylviculture tend à réduire les habitats », souligne le rapport. Ils sont en phase avec la moyenne européenne.

Les peuplements très âgés paraissent peu représentés (2 % des surfaces de chêne pédonculé, 5 % des surfaces de hêtre).

La santé des forêts reste globalement satisfaisante, mais « sous surveillance », affirme le rapport, notamment face aux variations des apports en eau d’une année à l’autre, marquées en cas de sécheresse. « L'état de santé des arbres s'est particulièrement dégradé dans les contextes de forêt méditerranéenne », selon les IGD 2015.
Favoriser une diversification de la forêt et réguler le bois sur pied constituent des pistes pour s'adapter au changement climatique.

La richesse locale en essence tend à croître, avec près de cinq essences par placette de 20 ares, en moyenne. Cette diversité n’empêche pas l’essence principale d’être dominante.

Trois espèces d’arbres forestiers sont menacées d’extinction, parmi les 194 recensées par l’inventaire forestier. Il s’agit de l’érable à feuilles obtuses (Acer obtusatum), du faux chêne-liège (Quercus crenata) et du pin de montagne (Pinus mugo).

Plus de 50 % des surfaces de forêts ne possèdent pas de document de gestion, à mettre en regard avec la petite taille de nombreuses propriétés.

• Le secteur forêt-bois-papier-ameublement présente un déficit stable de sa balance commerciale, autour de 4,5 milliards d’euros en 2014. Mais ce déficit se trouve « compensé par la participation du secteur à la réduction de la facture énergétique », grâce aux émissions évitées de carbone fossile et aux économies d’énergie induites par le secteur. Cependant, ce dernier a vu sa valeur ajoutée s’éroder ces dernières années.

• La filière forêt-bois-papier-ameublement stricto sensu rassemble 230 000 emplois, ou 800 000 salariés en intégrant des branches plus généralistes (construction bois…).

De façon globale, l’IGN note que :

« Les ressources forestières françaises apparaissent ainsi en plein essor et capables, du fait de leur caractère renouvelable, de contribuer plus qu’elles ne le font actuellement au développement durable de l’économie et des territoires. »

Autant de tendances globales qui masquent des disparités selon les territoires ou selon les essences. Au nombre de 50, les indicateurs se répartissent selon six critères, telles que les ressources en bois et carbone, la santé et la vitalité des forêts, la diversité biologique ou encore les fonctions socio-économiques des forêts.

Élaborés par l’IGN, les Indicateurs sont le fruit d’une collaboration avec le groupement d’intérêt public Ecofor, le laboratoire d’économie forestière INRA-AgroParisTech et l’Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea). Les IGD constituent un outil d’évaluation de gestion, créé suite à la conférence ministérielle d’Helsinki de 1993 pour la protection des forêts en Europe.

La rédaction/Forestopic

Pour aller plus loin :
Indicateurs de gestion durable des forêts françaises métropolitaines, édition 2015.
Maaf, IGN, 2016, Paris, 343 p.
Disponible en pdf

Reproduction interdite sans autorisation écrite préalable.

Publicité

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. En naviguant sur ce site, vous acceptez leur utilisation.J’ai compris En savoir plus