2016, année de toutes les négociations pour l’ONF

Christian Dubreuil
2016, année de toutes les négociations pour l’ONF

2016 est une année cruciale pour l’Office national des Forêts (ONF). L’établissement prépare les cinq années à venir. Pour cela, il s’apprête à négocier avec toutes les parties prenantes.

Ce n’est que le début d’un commencement avec le contrat d’objectifs et de performance (COP) 2016-2020 de l’Office national des Forêts (ONF). Cette feuille de route, qui lie l’État, l’ONF et la Fédération nationale des communes forestières (FNCOFOR), a été adoptée lors du conseil d’administration de l’Office du 17 décembre 2015. Il doit encore être signé par les ministres de tutelle et la FNCOFOR.

Après une année 2015 marquée par de longues négociations, l’ONF se prépare à une série de nouvelles discussions et de contractualisations dans les mois qui viennent avec les parties prenantes, y compris avec ceux qui ont voté contre le COP.

Avec les représentants du personnel

« Nous avons ouvert des négociations au sens du Code du travail avec 10 organisations syndicales sur 11 », a indiqué Christian Dubreuil, directeur général de l’ONF, lors de ses vœux à la presse, le 12 janvier 2016. L’ONF doit notamment élaborer son projet d’établissement. Or, le Snupfen, qui a voté contre le COP, boycotte également ces discussions – l’organisation syndicale représente 40 % des fonctionnaires de l’ONF.

Le COP 2016-2020 table sur une stabilisation des effectifs, alors que ceux-ci s’érodaient depuis plusieurs années. L’ONF prévoit de faire passer ses équipes de 9 113 à 9 313 personnes entre 2015 et 2020. Mais, cet objectif global donne une part grandissante aux emplois aidés, qui doubleraient pour passer à 551 équivalent-temps plein en 2020. En parallèle, les fonctionnaires, agents contractuels et ouvriers verraient leurs rangs maigrir d’une centaine de postes, pour s’établir à 8 762 temps pleins en 2020.

Dans ces évolutions, Christian Dubreuil voit toutefois un moyen de « réaliser un changement générationnel, au regard du vieillissement de nos effectifs ».

Contrat COP 2016-2020 de l'Office national des Forêt (ONF) – crédit photo: Forestopic

Avec les associations environnementales

France Nature Environnement (FNE) a aussi voté contre le COP 2016-2020. La fédération d’associations environnementales estime que ce contrat quinquennal traduit « une ambition environnementale limitée qui ne reflète pas ce qu’est la gestion des forêts publiques ».

Aux yeux du directeur de l’ONF, cette fin de non-recevoir est « une déception et une surprise ». Mais pas une rupture : « Nous allons maintenir un haut niveau de collaboration avec FNE », indique-t-il.

Avec les collectivités

Du côté des collectivités, la mobilisation des ressources en bois ressort comme l’un des points de discussion. Le COP fixe un objectif de 15 millions de m3 pour les ventes de bois en 2020 :
– dont 8,5 millions de m3 issus des forêts des collectivités ;
– et 6,5 millions de m3 provenant des forêts domaniales.

2016 doit voir l’actualisation de la charte de la forêt communale, l’étude des possibilités de regroupement des forêts de collectivités, et la conclusion d’un protocole d’accord pour la commercialisation des bois issus des forêts publiques, entre l’ONF, la FNCOFOR et la Fédération nationale du bois (FNB).

À venir également, le programme national de la forêt et du bois, qui sera à décliner dans les territoires.

Avant de donner son aval au COP, la FNCOFOR avait posé sa condition. Ainsi, il n’était pas question de voir augmenter la contribution financière des communes forestières, comme la fédération le rappelle dans un communiqué.


Projet de Contrat Etat-ONF-FNCOFOR 2016-2020 par communesforestieres

Avec l’amont et l’aval de la filière

La contractualisation concerne aussi l’aval de la filière et les interprofessions. Christian Dubreuil précise :

« Nous, producteurs, devons nous assurer [de la présence] de transformateurs. Et nos utilisateurs ont besoin de sécuriser leur approvisionnement, notamment pour investir. D’où l’objectif de meilleures relations contractuelles. »

Ceci dans un contexte où l’ONF souhaite voir progresser les ventes de bois façonné. Le COP mentionne les délais de paiement du bois comme l’un des sujets qui restent à négocier.

Par ailleurs, l’ONF prévoit de développer des partenariats avec les agences de l’eau et de conclure une convention avec la future Agence française de la biodiversité « dans l’année qui suivra sa création ».

Ce faisant, l’établissement public doit aussi réduire son endettement.

Chrystelle Carroy/Forestopic

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