Le bois-énergie progresse dans le Grand Nord-Est

Pile de bois bûche
Le bois-énergie progresse dans le Grand Nord-Est

Un récent rapport montre le développement rapide de la filière bois-énergie dans le Grand Nord-Est de la France, et aborde les questions qu’il continue de soulever. Panorama des derniers chiffres.

Les volumes de bois rond collectés et commercialisés par les professionnels de la filière dans le Grand Nord-Est en 2014 s’élèvent à près de 13,3 millions de mètres cubes par an, en évolution de 11 % entre 2012 et 2014. La part du bois-énergie a progressé avec 23 % de la récolte totale commercialisée en 2014 contre 18 % en 2012 et 10 % en 2008. Les volumes de bois-énergie collectés et commercialisés dans ces régions représentent 42 % de ce qu’ils sont sur la France entière.

C’est ce qui ressort d’un récent rapport publié par six interprofessions* de la filière bois du Grand Nord-Est**. Un observatoire coordonné par l’interprofession de Bourgogne, Aprovalbois, suit, depuis 2007, l’évolution du bois-énergie sur ces territoires.

Destination des volumes de bois récoltés et commercialisés par les professionnels de la filière du Grand Nord-Est
Destination des volumes de bois récoltés et commercialisés par les professionnels de la filière du Grand Nord-Est. Source : « Suivi de l’évolution du bois-énergie et du bois d’industrie sur les régions du Grand Nord-Est de la France. Résultats 2014 ».

Les informations rassemblées dans ce rapport concernent les différents produits (volumes et usage), plaquettes, bûches, produits connexes, granulés, broyats et bois d’industrie, et s’attachent à mieux cerner leurs marchés. L’enquête précise les différents types de consommation et l’évolution des équipements domestiques et professionnels qui consomment du bois. Nature, essence, provenance, utilisation, volumes… les données recueillies sont suffisamment précises pour constituer un outil à la disposition des professionnels.

Les granulés et plaquettes ont quasi doublé entre 2012 et 2014

Le bois bûche, toujours en tête du peloton, représente quelque 490 000 stères ou 294 000 tonnes commercialisées, en 2014, par 218 entreprises ayant répondu à l'enquête (taux de réponse d’environ 29 %). Première destination, les négociants revendeurs.

Les granulés progressent. Les 21 unités de granulation ont produit 213 800 tonnes de pellets essentiellement à partir de résineux, une production multipliée par 1,8 depuis 2012. Mais avec des capacités de production qui tournent à seulement 43 % de leur maximum, notent les auteurs. Les produits connexes des entreprises de 1re et 2nde transformation constituent la première source d’approvisionnement des granulateurs. Les négociants constituent le premier débouché de ces produits.

Les plaquettes forestières commercialisées s’élèvent à environ 1,3 million de tonnes en 2014, volumes multipliés par 1,8 depuis 2012 et par six depuis 2008 en raison d’une forte demande des chaufferies automatiques.

La production de sciures et de copeaux, de 625 200 tonnes, est valorisée à 59 % pour la trituration et à 36 % pour le bois énergie.

Les écorces valorisées, à 309 676 tonnes en 2014, ont pour principal débouché le bois-énergie, avec 36 % des volumes autoconsommés et 33 % à destination des négociants, chaufferies industrielles ou collectives.

Les bois en fin de vie offrent une autre source d’approvisionnement pour l’énergie. Ils proviennent d’autres filières et sont encore difficiles à évaluer.

Chaufferies automatiques en fort développement

Les chaufferies automatiques, en fort développement dans ce grand espace interrégional, ont absorbé plus de 3 millions de tonnes de bois en 2014, soit 1,1 million de plus qu’en 2012. La projection à l’horizon 2020 fait état de près de 5 millions de tonnes consommées par an.

Les industries lourdes (papier, panneaux, charbon de bois) restent fortement consommatrices de bois, avec 5,5 millions de tonnes annuelles.

24 % de la surface forestière métropolitaine
La région Grand Nord Est est riche d’une zone forestière qui s’étend sur quelque 4 millions d’hectares, soit environ 24 % de la surface forestière de France métropolitaine. L’étude réalisée par l’observatoire distingue deux « sous régions » dans ce vaste ensemble : Alsace, Lorraine et Franche-Comté d’une part, Champagne-Ardenne, Bourgogne et Picardie, de l’autre. Alors que la première compte 62 % de forêts de propriétés publiques, la seconde se compose de 66 % de forêts privées. La répartition entre feuillus et résineux diffère également entre les deux sous-ensembles. Les feuillus sont largement majoritaires en Champagne-Ardenne, Bourgogne et Picardie (88 % de la surface forestière), un peu moins en Alsace, Lorraine et Franche-Comté (73 %), territoire qui compte des massifs montagneux.

Impacts sur les prix et l’approvisionnement

L’utilisation du bois à des fins énergétiques peut s’inscrire en concurrence avec d’autres usages. L’évolution rapide de la filière bois-énergie a d’ores et déjà engendré des augmentations de prix de la matière et un changement du mix de l’approvisionnement. L’étude plaide pour une mobilisation de nouvelles ressources dans le cadre d’une gestion durable des forêts. Une préoccupation prise en compte par l’appel à manifestation d’intérêt « Dynamic Bois » et les projets retenus pour mieux exploiter et valoriser la forêt française.

Martine Chartier/Forestopic

* Les six interprofessions membres du réseau France Bois Régions : Adib (Franche-Comté), Aprovalbois (Bourgogne), Fibois Alsace, Gipeblor (Lorraine), Valeur Bois (Champagne-Ardenne), Nord Picardie Bois.

** La zone d’étude concernée, le Grand Nord-Est de la France, comprend l’Alsace, la Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Lorraine et Picardie.

Pour aller plus loin : accéder à l'étude complète.

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