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De la science au dictionnaire, la longue marche de l’agroforesterie

Agroforesterie
De la science au dictionnaire, la longue marche de l’agroforesterie

L'agroforesterie fait son entrée dans Le Petit Robert. Ce concept récent désigne une pratique ancienne. Sa première occurrence dans la littérature scientifique daterait de 1977.

C’est une pratique ancienne qui entre dans le langage commun. L’agroforesterie compte parmi les « nouveaux mots » du Petit Robert. Dans son édition 2017, le dictionnaire en donne la définition suivante :

« Mode d’exploitation agricole qui associe sur une même parcelle une production annuelle (cultures, pâtures) et la plantation d’arbres ou d’arbustes. »

Notons que l’agroforesterie figure déjà dans cet autre dictionnaire grand public qu’est le Petit Larousse, depuis 2012, et qui en propose une signification simplifiée :

« Culture associant la production forestière à une production agricole temporaire ou non. »

Droniste, écocité, écoconception, nanoscope
D’autres « nouveaux mots » du Petit Robert 2017 sont à signaler :
droniste (« personne qui dirige un drone ») ;
écocité (« agglomération urbaine ou quartier dont la conception et le développement sont respectueux de l’environnement ») ;
écoconception (« conception industrielle respectueuse de l’environnement ») ;
nanoscope (« microscope permettant d’observer les objets de taille nanométrique »).

1982, année fondatrice

Le Petit Robert fait remonter le vocable agroforesterie à 1982.

Mais, la première occurrence du mot agroforestry dans la littérature scientifique daterait de 1977, selon Ramachandran Nair, de l’université de Floride, dans An Introduction to Agroforestry, un ouvrage publié en 1993, en coopération avec l’Icraf, le Centre mondial d’agroforesterie. Cette analyse confirme celle de B.O. Lundgreen et J.B. Raintree (« Sustained Agroforestry », 1983, Icraf reprint n° 3).

Cependant, 1982 est souvent retenue comme l’année fondatrice pour le concept « agroforesterie », avec l’apparition de la définition suivante :

« L’agroforesterie est un nom collectif pour des systèmes et des technologies d’utilisation du sol où des ligneux pérennes (arbres, arbustes, palmiers, bambous, etc.) sont utilisés délibérément sur la même unité de gestion du sol que des cultures agricoles et/ou de l’élevage, sous la même forme d’arrangement spatial ou de séquence temporelle »,

selon B.O. Lundgreen et J.B. Raintree, de l’Icraf (in « Sustained Agroforestry », 1983).


Nouveaux critères de développement durable

Le concept d’agroforesterie a ensuite évolué pour intégrer des critères de développement durable, environnementaux notamment, d’après Emmanuel Torquebiau, chercheur au Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.

De même, l’Association française d’agroforesterie s'appuie sur une définition plus récente, provenant elle aussi de l’Icraf :

« Système dynamique de gestion des ressources naturelles reposant sur des fondements écologiques qui intègre des arbres dans les exploitations agricoles et le paysage rural et permet ainsi de diversifier et maintenir la production afin d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales de l’ensemble des utilisateurs de la terre. »

Quoiqu’il en soit, l’agroforesterie désigne une pratique ancienne, comme le rappelle Ramachandran Nair. Associer les arbres et les cultures agricoles était la norme en Europe jusqu’au Moyen Âge et c’est aussi une pratique traditionnelle en Amérique centrale ou en Asie.

Chrystelle Carroy/Forestopic

Mis à jour le 28 mai 2016

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