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Une collection de livres sur l’agroforesterie inaugurée avec le peuplier

Extrait de la couverture du guide Le peuplier agroforestier. Techniques et coûts de plantation
Une collection de livres sur l’agroforesterie inaugurée avec le peuplier

L’Association française d’agroforesterie lance un guide sur le peuplier en agroforesterie, en partenariat avec l’Institut pour le développement forestier (CNPF) qui l’édite, et avec le Fonds Archimbaud. C’est la première édition d’une collection de cahiers sur l’arbre en milieu agricole.

 

L’alliance entre le peuplier et les cultures agricoles n’est pas nouvelle. Mais, elle mériterait de connaître un regain, aux yeux de Fabien Balaguer, directeur de l’Association française d’agroforesterie (AFAF) :

« Des agriculteurs, depuis un certain nombre d’années, remettent des arbres dans les champs. Mais, en général, ce sont des arbres à croissance lente, avec un cycle de 50 à 60 ans. Il y a une certaine urgence à refaire de l’économie. Tout cela sera durable si c’est rentable. »

D’où la publication d’un guide sur le peuplier en agroforesterie.

Une essence pionnière, « entre l’arbre et la salade »

Essence pionnière, le Populus tient la réputation d’un genre à croissance rapide : « C’est entre l’arbre et la salade », illustre Jean-Pascal Archimbaud, chef d’entreprise et fondateur du Fonds Archimbaud pour l’homme et la forêt.

Le Fonds Archimbaud, notamment actionnaire de la scierie du même nom, s’associe à l’initiative. L’agroforesterie est l’un de ses axes de développement, aux côtés du soutien à la création bois (avec Archi’bois) et à la recherche.

L’Institut pour le développement forestier (IDF-CNPF) y apporte son expertise. « Nous avons une longue tradition sur l’arbre hors forêt », fait remarquer son directeur, Éric Sevrin.

Des cultivars pour le climat et la résistance mécanique du bois

Le peuplier peut venir compléter d’autres feuillus à rotations plus longues, indique l’ouvrage.

Le guide aborde la préparation de la parcelle par l’agriculteur en relation avec des interlocuteurs professionnels (conseillers, pépiniéristes, entrepreneurs de travaux forestiers…). Il prodigue des recommandations sur la réalisation et l’entretien du boisement, sa protection contre les dégâts de gibier, le reboisement, la vente du bois. Il présente aussi des retours d’expérience ayant trait à un parcours à volailles planté de peupliers, des aires de pâturage et des cultures de céréales sous peupliers.

Les cultivars ou variétés cultivées ressortent comme l’une des spécificités du peuplier, que présente Éric Sevrin :

« De nouveaux cultivars arrivent sans cesse et permettent d’avoir des arbres qui poussent plus vite, qui certainement s’adaptent petit à petit au climat et qui ont une meilleure résistance mécanique, d’où l’utilisation en charpente. »

 « Refaire un peuplier plus “environnemental” »

« Refaire un peuplier plus “environnemental” et remettre la compétence de la gestion de l’arbre dans les mains de l’agriculteur », ce sont deux enjeux de ce livre, d’après Fabien Balaguer.

« Le peuplier a certes des besoins en eau élevés pour sa productivité […], mais il permet de tamponner les aléas climatiques tels que les crues ou les inondations et de valoriser des surfaces difficiles pour d’autres méthodes culturales, ou délaissées par l’agriculture »,

précise le cahier technique.

Une diversité de débouchés pour le bois de peuplier

Qu’il se déploie sous la forme de trognes, de taillis à courte rotation, de peupleraies ou dans les cultures en intraparcellaire, le peuplier n’est pas sans atout pour le stockage de carbone, la création de haies, l’enrichissement du paysage ou encore la diversité de ses usages.

Son bois blanc se valorise dans la construction (bardages...), l’ameublement (literie…), en panneaux contreplaqués, se transforme en emballages légers ou en sciages à palettes. D’autres débouchés existent dans l’industrie papetière ou dans la filière du bois énergie.

Il n’y a pas que le bois, laisse entrevoir Jean-Pascal Archimbaud :

« Je vous invite à boire du jus de peuplier. Nous avons essayé d’en commercialiser, à l’image du jus de bouleau. Mais, pour le peuplier, il faut procéder à une mise sur le marché qui coûte. »

Une essence dont l’industrie du bois reste demandeuse en France, avec des besoins évalués entre 1,3 et 1,5 million de m3 par an.

Chrystelle Carroy/Forestopic

Pour aller plus loin :
Le peuplier agroforestier. Techniques et coûts de plantation, par Philippe van Lerberghe et Alexandre Parize, éditions CNPF-IDF, collection « Cahiers techniques de l’agroforesterie », septembre 2019, 66 pages, format A4, 12 euros. Peut être commandé par courriel.

Reproduction interdite sans autorisation écrite préalable.

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