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Comment Orléans adapte ses arbres au changement climatique et veut devenir une «ville jardin»

Des espèces diversifiées tendent à remplacer les pins de la ville d’Orléans
Comment Orléans adapte ses arbres au changement climatique et veut devenir une «ville jardin»

Face au changement climatique, la ville d’Orléans mise notamment sur les chênes. L’arbre urbain participe de la « ville jardin » voulue par les élus.

 

Conforter le caractère de « ville jardin », c’est l’un des objectifs du plan local d’urbanisme (PLU) d’Orléans qui prévaut aujourd’hui, après avoir été tracé dans la droite ligne de son agenda 21 en 2007 et des orientations du Grenelle de l’environnement. Parmi les mesures en application, la charte de l’arbre urbain, adoptée en 2011, regroupe les règles de protection des arbres.

Aude de Quatrebarbes, adjointe au maire pour la gestion des espaces publics, l’assure :

« La volonté politique de la ville est affirmée. »

Quelle valeur de l’arbre urbain ?

Connaître, protéger, développer et communiquer sont les maîtres mots de l’équipe municipale. C’est notamment une affaire de pédagogie auprès des habitants et des entreprises, particulièrement celles du secteur du bâtiment et des travaux publics en lien avec la protection de l’arbre dans les projets d’aménagement et de construction. Aude de Quatrebarbes poursuit :

« La confiance s’est établie au fil des ans, nous informons les riverains avant de couper un arbre des raisons qui nous conduisent à le faire et nous replantons ! »

Le donneur d’ordre doit, préalablement aux travaux, faire prendre les précautions nécessaires à la protection des arbres. À défaut, en cas de dégâts, des réparations et des dédommagements sont sollicités. Aude de Quatrebarbes souligne :

« Nous disposons d’un barème avec des valeurs de l’arbre en cas d’accident ou d’attaques diverses. »

La vile d’Orléans a défini un barème sur la valeur de l’abre
La vile d’Orléans a défini un barème sur la valeur de l’abre (crédit photo : MC/Forestopic)

Changement climatique : des espèces d’arbres diversifiées

Pierre Héry, ingénieur forestier, est partie prenante du bureau d’études de la ville d’Orléans et responsable des plantations, bureau qui compte trois personnes auxquelles s’ajoutent les élagueurs. En raison du réchauffement climatique, les services ont à faire face aux chenilles qui remontent du sud et attaquent les pins.

Leur remplacement est effectué par de nouvelles espèces diversifiées indique Pierre Héry, chênes chevelus, chênes verts, chênes à feuilles de châtaigniers… Des charmes venus d’Allemagne ornent la place du Martroi, là où se dresse la statue équestre de Jeanne d’Arc.

25 000 arbres référencés à Orléans

Si la moyenne des platanes, arbres les plus plantés dans les villes françaises, est de 20 %, elle n’est que de 14 % à Orléans, précise Pierre Héry – une essence pour laquelle de nouvelles règles nationales sont en place depuis début 2016, afin de juguler le chancre coloré. Si l’on compte également un peu moins d’érables et de tilleuls, en revanche, les chênes sont plus nombreux.

Quelque 25 000 arbres sont référencés dans cette ville de Centre-Val-de-Loire et 500 unités sont plantées chaque année, objets de nouvelles plantations, de renouvellement ou de remplacement. Les Amis des parcs et jardins de la société d’horticulture d’Orléans et du Loiret ont étiqueté 300 espèces dans le parc floral de la Source, au sud d’Orléans, listant les différentes espèces en précisant pour chacune sa famille d’origine et son origine.

Les espaces verts, un budget pour la ville d’Orléans
En investissement (2016) :
– Travaux neufs dans les parcs et jardins : 283 000 euros.
– Achats de matériel (tondeuses et petit matériel) : 80 000 euros.
– Études et signalétiques : 34 000 euros.
– Travaux d’espaces verts et de plantations dans le cadre des opérations d’aménagement de voirie : entre 5 et 15 % de 10 millions d’euros (budget du programme annuel de rues).
En fonctionnement (2016) :
– Travaux d’entretien (tontes, élagage, désherbage, …) : 822 177 euros.

Un cahier technique pour l’arbre en ville

La direction de l’espace public a consigné le fruit de ses expériences dans un cahier technique portant sur les plantations à destination des aménageurs des espaces publics. Quelles espèces sélectionnées, plantées à quelle distance les unes des autres, à quelle distance des constructions, comment anticiper leur développement racinaire…

Le territoire de l’agglomération se caractérise par la présence de zones urbaines, d’espaces « à reconquérir » comme les mails qui ont succédé aux remparts qui cernaient le centre-ville, des quais de la Loire, de cœurs verdoyants, d’espaces encore peu urbanisés, d’un environnement forestier périurbain, autant de particularités qui ont invité à des réflexions et à des actions distinctes.

Martine Chartier/Forestopic

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