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Sortie du film Le Temps des forêts. Un nouveau temps pour le débat

Le film documentaire Le Temps des forêts emmène le public dans les forêts du Limousin, du massif des Landes de Gascogne, du Morvan ou encore des Vosges
Sortie du film Le Temps des forêts. Un nouveau temps pour le débat

Le Temps des forêts réveille le débat sur la gestion forestière. Ce long-métrage dresse un plaidoyer contre la « mal-forestation », en même temps qu’il s’attache à confronter différents points de vue.

 

La forêt revient sur le grand écran. Avec, cette fois, un film qui écorne une vision enchantée de la forêt telle qu’elle peut exister dans l’esprit du public. Le Temps des forêts sort en salles en France, le 12 septembre 2018. Durant 103 minutes, ce documentaire distribué par KMBO revisite la gestion forestière. Il pointe du doigt la « mal-forestation », inspirée du « modèle agricole intensif », et interroge la gestion durable des forêts, au-delà du simple renouvellement des arbres coupés.

Le réalisateur François-Xavier Drouet, à qui l’on doit Des bois noirs, emmène le spectateur dans les forêts du Limousin, du massif des Landes de Gascogne, du Morvan ou encore des Vosges. La caméra ne craint pas les plans fixes qui nous immergent dans les paysages forestiers, la brume, la boue, les machines en action, les tas de bois, les ateliers de scieries.

Enrésinement, forêts monospécifiques, machines forestières

S’enchaînent des focus sur les coupes rases, l’enrésinement ou encore les forêts monospécifiques, composées d’une seule essence d’arbre majoritaire – dans environ la moitié des forêts françaises, soit 7,5 millions d’hectares, une essence constitue plus des trois-quarts du couvert des arbres, selon l’Inventaire forestier (IGN).

Les machines forestières sont présentées comme des investissements conséquents qu’il faut rentabiliser et pouvant endommager les cours d’eau en les traversant (loin des bonnes pratiques du secteur). Le film met en exergue l’épandage de pesticides en forêt – dont les forestiers disent par ailleurs que l’usage est le plus souvent anecdotique, tandis que des méthodes mécaniques ou le biocontrôle se développent. Même la restructuration de l’Office national des forêts (ONF) est abordée.

À l’écran, les intervenants se succèdent sans toujours se répondre. Ils nous sont présentés seulement au moment du générique de fin, dans une production cinématographique dénuée de voix off. Le spectateur pourra déplorer un manque de mise en contexte. Par exemple, le film laisse dire que les palettes sont à usage unique, alors que leur modèle économique se fonde sur l’utilisation multiple.

Une forêt d’intervenants
Le Temps des forêts donne la parole à :
Patrick Augras, bûcheron ;
Frédéric Bedel, représentant ONF-Snupfen ;
Michel Boyau, gestionnaire forestier ;
Philippe Busche, agent ONF ;
Gaëtan du Bus, ingénieur forestier indépendant, Réseau pour les alternatives forestières (l’un des soutiens du film)  ;
Nicole Fortier, bergère ;
Lucienne Haese, Groupement de sauvegarde des feuillus du Morvan ;
Maurice Heimburger, agent ONF, et ses collègues de l’unité territoriale de Remiremont (Vosges)  ;
José Julian, entrepreneur de travaux forestiers ;
Hans Kreusler, gestionnaire forestier ;
Guillaume Lafaye, entrepreneur de travaux forestiers ;
Stéphanie Lafitte, propriétaire ;
Marc Lajara, association Nature sur un plateau ;
Vincent Magnet, Réseau pour les alternatives forestières ;
Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine ;
Stéphane Vieban, coopérative Alliance Forêts Bois ;
Paul Pierre, scierie de Plombières (Vosges) ;
Philippe Siat, scierie Siat-Braun à Urmatt (Bas-Rhin) et président de la Fédération nationale du bois (FNB).
Les agents de l’ONF interviennent au titre de leurs mandats syndicaux. Le président de l’ONF, Jean-Yves Caullet, prend également la parole, filmé lors d’un face à face avec les syndicats, sans que son nom soit cité.

Un documentaire qui veut s’affranchir des codes

Certes, Le Temps des forêts ne dit pas tout. Le réalisateur a voulu s’affranchir des codes du documentaire pour proposer un « film de paroles ». Il en sort, de plus, un moment de rencontres humaines, où des forestiers expliquent leur métier. Les points de vue se confrontent sur l’économie de la forêt et du bois et sa dimension écologique et paysagère.

« Si nous voulons une industrie du bois à même de satisfaire les consommateurs, il nous faut une forêt productive », défend en substance Philippe Siat, dirigeant de la scierie Siat-Braun et président de la Fédération nationale du bois (FNB), prenant le contrepied de la plupart des autres personnes interrogées.

Avant même sa sortie en salles, Le Temps des forêts réveille le débat sur la forêt. Sur les réseaux sociaux notamment, les uns saluent ce long-métrage en ce qu’il questionne la gestion forestière et la sylviculture. D’autres regrettent que l’ensemble confine au manichéisme entre « forêt vivante ou désert boisé » comme le présente le synopsis officiel. Dédié « aux forestiers résistants », c’est aussi un film militant.

Chrystelle Carroy/Forestopic

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