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Breizh Forêt Bois simplifie ses aides pour boiser et reboiser en Bretagne

Entre 2015 et 2018, Breizh Forêt Bois a accompagné le boisement ou le reboisement de 800 hectares
Breizh Forêt Bois simplifie ses aides pour boiser et reboiser en Bretagne

Le programme breton d’aide au boisement et au reboisement se voit reconduit jusqu’en 2021. En suivant une refonte des aides pour susciter plus de candidatures.

 

Plus d’un million d’arbres ont été mis en terre en Bretagne depuis 2015, année du lancement de Breizh Forêt Bois, programme destiné à aider à la plantation et au reboisement dans la région. À l’automne 2018, les appels à candidatures de Breizh Forêt Bois avaient atteint 514 hectares cumulés de surfaces en boisement et 283 hectares en reboisement. L’objectif à terme est de produire du bois d’œuvre pour répondre à des besoins grandissants et pallier à des tensions présumables sur le marché, tandis que la Bretagne fait par ailleurs partie des territoires demandeurs de bois scolytés.

Le programme Breizh Forêt Bois, qui bénéficiait à l’origine d’un financement tripartite entre la région, l’État et l’Union européenne via le Feader – Fonds européen agricole pour le développement rural –, manquait un peu de dynamisme en raison de la complexité de l’instruction des dossiers et des délais de financement.

15 000 emplois et 3 000 entreprises
La forêt bretonne couvre 400 000 hectares, soit environ 15 % du territoire régional et génère l’emploi de 15 000 personnes, avec 3 000 entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires annuel de quelque 2 milliards d’euros. Les activités qui sont liées concernent la construction (10 % des maisons individuelles en bois construites en France le sont en Bretagne), ainsi que le chauffage (la région arrive en tête des ventes nationales d’appareils de chauffage au bois) et enfin l’emballage.

La région Bretagne s’affranchit des aides européennes

Le bilan réalisé à l’automne 2018 a mis en évidence des difficultés rencontrées sur le terrain, déjà constatées en 2017. Comme le précise Gildas Prévost, animateur ressources et valorisation du bois, pour le réseau professionnel Abibois :

« Même si le bilan n’est pas négatif, loin de là, nous n’étions pas parvenus aux objectifs fixés initialement, en raison de la crainte des propriétaires face aux contrôles de l’organisme européen et des difficultés de paiement. »

Une fois les travaux forestiers réceptionnés, le solde du paiement s’effectuait sur 3 ans.

Aussi, le conseil régional a fait le choix, depuis le début 2019, de s’affranchir des aides européennes pour financer en propre le dispositif et alléger la procédure d’instruction des candidatures, montrant par ailleurs son engagement sur le sujet.

Les contrôles sont désormais menés par les seuls agents de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), service de l’État comprenant des forestiers. « Ils vont avoir un œil forestier, illustre Gildas Prévost, et non un œil purement administratif et réglementaire. » Précédemment, les contrôles étaient réalisés par des experts en droit européen sans compétences forestières particulières.

Dans le cadre de ces nouvelles dispositions, le premier appel à projet de l’année 2019 a reçu une quarantaine de candidatures ; 34 dossiers ont été validés, sur l’ensemble des quatre départements bretons. Plus de 500 000 euros seront affectés à ces projets qui portent sur 170 hectares de plantations forestières. Parmi les essences concernées, figurent le douglas, le pin maritime, l’épicéa, le chêne rouge, le châtaignier et le hêtre.

Transformer des forêts ou des terres en déprise agricole

L’objectif est de produire du bois d’œuvre en transformant des peuplements forestiers pauvres et en s’intéressant aux terres en déprise agricole. Impérativement, ces terres doivent être sorties des aides de la politique agricole commune (PAC) depuis au moins un an et ne pas rencontrer d’intérêt de la part d’un agriculteur qui souhaiterait les exploiter. Gildas Prévost insiste :

« L’objectif n’est pas de concurrencer l’agriculture. La Bretagne est un territoire à vocation agricole mais, chaque année, quelque 3 000 nouveaux hectares parviennent au stade de la forêt. Pour éviter que cela engendre des peuplements anarchiques, non intéressants pour la filière, mieux vaut les transformer. »

L’aide apportée au propriétaire, dont le projet de boisement est retenu par un comité technique, peut représenter jusqu’à 80 % du montant des investissements selon la nature des travaux et des boisements. Ce taux va jusqu’à 50 % en cas de reboisement (transformation de peuplements).

L’interprofession régionale forêt-bois Abibois, qui déploie le programme, accompagne les acteurs forestiers, depuis les porteurs de projets jusqu’aux entreprises d’exploitation forestière. Le deuxième appel d’offres de l’année 2019 se déroulera à l’automne.

Martine Chartier/Forestopic

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