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L’Élysée et Matignon sensibilisés aux enjeux de la filière forêt-bois

Les présidents de France Bois Forêt et FBIE mènent leurs rendez-vous politiques en commun
L’Élysée et Matignon sensibilisés aux enjeux de la filière forêt-bois

Les présidents de France Bois Forêt et France Bois Industries Entreprises, Cyril Le Picard et Dominique Weber, ont rencontré des conseillers du président de la République et du Premier ministre.

 

La filière forêt-bois a ouvert les portes de l’Élysée et de Matignon. Cyril Le Picard et Dominique Weber, respectivement présidents de France Bois Forêt (FBF) et de France Bois Industries Entreprises (FBIE), viennent de rencontrer Julien Turenne, conseiller technique « agriculture » du Premier ministre Édouard Philippe, le 6 juillet 2017. Le 16 juin, ils ont été reçus par Audrey Bourolleau, conseillère chargée de la forêt auprès du président de la République, Emmanuel Macron.

« C’est une première prise de contact. Nos interlocuteurs se sont montrés agréables et à l’écoute. Les entretiens ont abordé des questions pointues. Avec Dominique Weber, nous avons décidé de mener nos visites politiques en commun, en tant que présidents des deux interprofessions »,

se félicite Cyril Le Picard.

Qui sont Audrey Bourolleau et Julien Turenne
Audrey Bourolleau est la conseillère agriculture, pêche, forêt et développement rural, du président de la République. Elle a marché aux côtés d’Emmanuel Macron durant sa campagne électorale, en tant que référent sur l’agriculture. Diplômée en 2003 d’une école de commerce (ESC La Rochelle), elle a consacré l’essentiel de son parcours professionnel au secteur des vins et spiritueux. Avant de rejoindre l’Élysée, elle était, depuis 2012, déléguée générale de l’organisation professionnelle Vin & Société.
Julien Turenne, conseiller technique sur l’agriculture auprès du Premier ministre, occupe ce poste depuis le 31 mai 2017. Ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et des Forêts, il dirigeait auparavant le service compétitivité et performance environnementales au ministère de l’Agriculture (DGPE), après avoir occupé diverses fonctions au sein de ce même ministère.

Formation, taxe carbone, aides au reboisement

L’occasion, lors de ces deux rendez-vous, de présenter les attentes de la filière forêt-bois à l’égard des pouvoirs publics. Condensées dans un récent livre blanc, ces demandes comprennent le soutien à la formation, l’affectation au secteur d’une partie de la taxe carbone (à hauteur d’un euro la tonne), ou encore un fonds stratégique à 150 millions d’euros par an pour financer travaux forestiers et reboisement (en écho à l’appel de Mende). Ce dernier point se pose avec d’autant plus d’acuité que la forêt ne fait plus l’objet d’un programme budgétaire sécurisé au sein du ministère de l’Agriculture.

Innovation et investissements d’avenir

L’innovation est l’un des enjeux qu’ont porté les émissaires de la filière forêt-bois durant ces discussions. Et notamment l’accès des entreprises du secteur du bois aux financements publics via le programme d’investissements d’avenir (PIA). Vincent Petitet, délégué général de FBIE, également présent lors de l’entrevue avec Julien Turenne, précise :

« Nous privilégions la ressource forestière française. Cela entre dans les dynamiques de certification, avec une demande croissante, de la part des entreprises de la filière bois, pour du bois FSC et pour que la forêt française s’intéresse à ce label. »

Un groupe de travail sur l’innovation
FBIE vient de lancer un groupe de travail sur l’innovation et l’usine du futur, à l’heure où « une nouvelle révolution industrielle signe la fin du modèle unique du produit standardisé », selon le président de FBIE, Dominique Weber. Dans ce cadre, la fédération souhaite un rapprochement entre chercheurs et industriels, ainsi que le développement de la maquette numérique (BIM). Un dispositif pour faire émerger des tours de bureaux en bois est à l’étude, sur le modèle des projets d’« immeubles à vivre en bois » menés sous l’impulsion d’ADIVbois.

« Manque de visibilité » pour le bois énergie

Sur le bois énergie, Cyril Le Picard, par ailleurs vice-président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), ajoute :

« Des chaudières industrielles à biomasse sont construites avec des aides du fonds chaleur de l’Ademe. Or, nous manquons de visibilité sur les installations qui vont être construites dans les 2 à 3 ans. Nous aimerions plus de clarté. »

Tournée politique

Les ambassadeurs de la forêt et du bois n’en ont pas fini avec leur tournée politique. Après un rendez-vous manqué au moment du dernier remaniement gouvernemental, une rencontre reste attendue avec le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, encore peu disert sur la forêt ou le bois. Il est ainsi convié au lancement, le 7 septembre 2017, de la campagne de communication triennale des interprofessions.

Sans oublier, notamment, les ministres qui ont un droit de regard sur la politique forestière. À commencer par celui de la Transition écologique, Nicolas Hulot, dont le plan climat aborde la forêt (mais pas le bois), et celui de l’Économie, Bruno Le Maire.

Chrystelle Carroy/Forestopic

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