Le bois de recyclage en crise de débouchés, un défi pour le contrat de filière

Déchets de bois
Le bois de recyclage en crise de débouchés, un défi pour le contrat de filière

Le bois de recyclage se heurte à un manque de débouchés en France, au point que les entreprises du secteur envisagent « des exportations massives ». Un enjeu que devra aborder le plan sur les déchets de bois.

 

Federec, fédération des entreprises du recyclage, sonne l’alarme :

« Les professionnels de la filière bois déchets font aujourd’hui face à une situation inédite et préoccupante de manque de débouchés pour leur matière, avec un risque, à termes, de limiter le recyclage du bois sur notre territoire ! »

Les déchets de bois collectés représentent 6,6 millions de tonnes annuelles, selon Federec. L’organisation comprend 130 entreprises actives sur le marché du bois, pour plus de 220 sites industriels. Le bois valorisable se destine à la fabrication de panneaux de particules (1,6 Mt), à la valorisation énergétique (1,8 Mt) ou à l’export (1 Mt).

De plus en plus de bois collecté

L’actuelle situation de crise s’explique, en amont, par les progrès réalisés dans le tri et la captation des déchets de bois.

La nouvelle filière des déchets d’ameublement monte en puissance. Agréés depuis 2013, les deux éco-organismes Éco-mobilier et Valdelia sont chargés d’organiser la collecte et le recyclage des vieux meubles. Selon le principe de la « responsabilité élargie du producteur », ils reposent sur des financements des entreprises qui mettent du mobilier sur le marché. Les deux éco-organismes ont capté un total de près de 870 000 tonnes en 2015, tous matériaux confondus.

Des filières saturées ou insuffisantes

En aval, les usines de panneaux de particules s’avèrent saturées, diagnostique Federec :

« La filière est confrontée à une décroissance de la vente de meubles et de l’activité du bâtiment qui sont ses principaux marchés. En outre, certains panneautiers ont subi des accidents ces derniers mois, qui ont conduit à des arrêts temporaires ou prolongés de production. »

Du côté du bois-énergie, les chaufferies bois ne paraissent pas en mesure d’absorber les déchets de bois disponibles, qui plus est en période d’hiver doux. Cette filière énergie reste « trop peu développée », selon la fédération.

Les stocks s’accumulent. Les entreprises du recyclage en ont alerté le ministère de l’Environnement et estiment que « la responsabilité de l’État pourrait être engagée en cas d’accident ». Elles envisagent des « exportations massives de combustibles » en Europe.

Élargir les débouchés

Le bois de recyclage donne du grain à moudre au futur plan sur les déchets de bois, qui se prépare dans le cadre du contrat de filière (CSF bois).

Selon Jean-Luc Dunoyer, coordinateur du comité stratégique de la filière bois :

« Cette situation d’engorgement est une raison de plus pour mener un travail de fond dans le cadre du CSF. Les filières de tri font leur travail, et cela doit s’accompagner d’un élargissement des débouchés. Un million de tonnes supplémentaires pourrait encore être mieux triées. »

Les réflexions en cours englobent aussi bien la logistique du tri, que le volet réglementaire du recyclage du bois. L’Ademe est d’ailleurs attendue pour apporter son expertise sur ces enjeux. Le plan sur les déchets de bois devrait aboutir au cours du premier trimestre 2017.

Chrystelle Carroy/Forestopic

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