Gérer les forêts pour le climat: Sylv’Acctes dépasse les 1 600 hectares soutenus

Travaux d’amélioration de peuplement forestier mélangé chêne, hêtre, châtaignier, massif de Chambaran
Gérer les forêts pour le climat: Sylv’Acctes dépasse les 1 600 hectares soutenus

Les forêts peuvent-elles compenser le CO2 émis par les villes ? Elles y contribuent, selon Sylv’Acctes. Lancée en octobre 2016, l’association soutient des actions pour optimiser le cycle du carbone en forêt, mais pas seulement.

 

« Les villes concentrent des émissions de CO2, tandis que les espaces forestiers représentent un site de captage de CO2. Il peut donc y avoir une action climat de proximité dans les massifs situés près des villes ou des métropoles. »

C’est dans cet esprit qu’intervient Sylv’Acctes, comme le résume son coordinateur Loïc Casset. L’association, reconnue d’intérêt général depuis début 2018, participe au financement d’actions sylvicoles, comme des éclaircies ou des balivages, lesquels reviennent à diminuer la densité des arbres à l’hectare, afin de faciliter la régénération naturelle de la forêt.

500 000 tonnes de stockage et substitution de CO2

En moins de 2 ans d’existence, Sylv’Acctes a accompagné 1 630 hectares de travaux forestiers à hauteur de 500 000 euros, pour 1,5 million d’euros investis au total. C’est « un potentiel de stockage et de substitution de CO2 de l’ordre 500 000 tonnes pour les durées de révolution projetées, en moyenne 70 ans », précise Loïc Casset.

Les 161 bénéficiaires (dont 85 % de projets en forêts communales à date) se trouvent dans dix massifs d’Auvergne-Rhône-Alpes, dont celui du Pilat et son emblématique sapin blanc, les forêts du Bugey, du Mont-Blanc ou des Bauges.

Deux collectivités comptent parmi les fondateurs et principaux financeurs de Sylv’Acctes, soit la région Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Lyon, aux côtés de la banque Neuflize OBC qui agit au titre de sa politique de responsabilité sociétale d’entreprise (RSE). Chambéry Métropole les a rejoints, début 2018.

Approche climat, écosystème et économie

Le changement climatique reste une source d’incertitudes et néanmoins d’évolution des pratiques forestières. Comme l’explique Loïc Casset :

« Nous accompagnons souvent des réflexions sur l’adaptation des forêts au changement climatique. Cela peut passer par une diversification des peuplements forestiers. Des coupes partielles permettent d’identifier les essences qui poussent naturellement et d’apporter des plants pour compléter avec une plantation si besoin, par une évolution douce. »

Gérer la forêt pour optimiser le cycle du carbone, oui, mais en allant plus loin. Sylv’Acctes veut aussi mettre l’accent sur les bénéfices associés, tels que la qualité de l’eau et les paysages. Pour appuyer son action, plusieurs indicateurs servent à évaluer les choix sylvicoles en lien avec le CO2, la biodiversité, les services écosystémiques et des critères socio-économiques. Il s’agit aussi d’évaluer le coût d’un changement de pratiques forestières, par exemple.

Sylv’Acctes a pour credo des forêts mélangées en termes d’essences (et ne soutient pas les forêts mono-spécifiques), un renouvellement des peuplements par la régénération naturelle (plus que par la plantation), ainsi que les documents de gestion durable des forêts et la certification (PEFC ou FSC).

Concertation territoriale et engagement sur 10 ans

Chaque initiative accompagnée doit être le fruit d’une concertation locale, encadrée par une collectivité, porteuse du projet. C’est ensuite le conseil scientifique* de Sylv’Acctes qui valide le mode de gestion forestière proposé. Le propriétaire forestier s’engage alors, pour 10 ans, sur un itinéraire de gestion.

Les aides de l’association s’élèvent à 40 % du montant HT des travaux en forêt communale et à 70 % en forêt privée. Avec des visées différenciées, selon le coordinateur :

« En forêt privée, l’enjeu est d’augmenter les surface en gestion. En forêt publique, il s’agit de relancer l’investissement forestier. »

Aujourd’hui, Sylv’Acctes prépare de nouvelles levées de fonds et ambitionne d’étendre son action à l’échelle nationale.

Chrystelle Carroy/Forestopic

* Le conseil scientifique de Sylv’Acctes associe le service forêt-bois Auvergne-Rhône-Alpes du ministère de l’Agriculture (Serfobe, Draaf), le centre régional de la propriété forestière (CRPF), l’Office national des forêts (ONF), l’interprofession forêt-bois régionale, l’institut Irstea, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), la Ligue de protection des oiseaux (LPO), le réseau écologique forestier de Rhône-Alpes (Refora), ainsi que des experts.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. En naviguant sur ce site, vous acceptez leur utilisation.J’ai compris En savoir plus