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Le chêne et ses habitants sur grand écran

Image du film Le Chêne et ses habitants (Crédit photo: 2022. Camera One. Winds. Gaumont)
Le chêne et ses habitants sur grand écran

Le Chêne et ses habitants propose un moment de cinéma dans un arbre emblématique et ses abords.

 

Ce n’est pas tout à fait un documentaire, ni vraiment une intrigue fictive. Le Chêne et ses habitants s’affiche comme un « film d’aventure » pour le grand public. Cette production cinématographique nous invite auprès d’un chêne, dans le réseau racinaire et les mycorhizes, sur l’entrelacs de l’écorce, et jusqu’au bout des feuilles. Oiseaux et insectes, écureuil, mulots et autres mammifères, y mènent leur vie, au rythme des jours et des nuits, au gré des saisons.

Les deux coréalisateurs, Laurent Charbonnier et Michel Seydoux, ont marié leurs savoir-faire respectifs, le genre animalier pour le premier, la production de fictions pour le second. Michel Seydoux revient sur le propos :

« Nous avons choisi de raconter une histoire naturaliste, tout en laissant le public se promener dans son propre imaginaire, sans voix off. »

Certains verront dans le chêne le personnage principal. Ou bien est-ce le gland ? Convoité par l’écureuil, dispersé par le geai, lieu de ponte pour le balanin (aussi appelé charançon du chêne), mets de choix pour nombre de quadrupèdes, le gland est aussi le fruit qui donne naissance à un futur arbre.

Un univers forestier, visuel et sonore

Le chêne de 210 ans, choisi lors du « casting », se trouve à 900 mètres d’une maison appartenant à Laurent Charbonnier, en Sologne, une proximité propice à la rencontre de la nature et de la biodiversité. Le long-métrage de 1h20 a mobilisé quelque 350 heures d’images, tournées depuis des affûts où les équipes ont tenté de se faire oublier de la faune, voire depuis des drones pour donner une hauteur de vue à l’écosystème forestier ou pour évoquer le vol d’un oiseau. Des images générées par ordinateur suggèrent le déploiement du mycélium dans le sol.

Entre bruissements, craquements, et autres chants d’oiseaux, c’est aussi un univers sonore qui s’orchestre à l’écran. Michel Seydoux revient sur sa composition : « Lorsque Laurent Charbonnier filme une mésange bleue, des ingénieurs du son interviennent pour trouver le cri d’autres mésanges bleues à la même période. » Laurent Charbonnier renchérit : « Nous avons été vigilants à ce qu’il y ait le bon son au bon moment, afin que l’ambiance soit exacte. Les ingénieurs du son enregistrent les sons de la nature. Ensuite, le bruiteur les synchronise. Pour la patte du balanin sur la branche ou le sanglier qui se frotte sur le tronc, ce sont des bruitages. »

« La nature n’est pas immuable, c’est une dynamique »

Marc-André Selosse, biologiste et professeur du Museum national d’histoire naturelle de Paris (MNHN), fait partie des conseillers scientifiques du Chêne et ses habitants. À ses yeux, « le film est une réussite en ce qu’il montre une vision poétique et élégante de l’arbre, un arbre interagissant avec les animaux ». Le Chêne nous rappelle aussi, souligne le scientifique, que « la nature n’est pas immuable, c’est une dynamique » – outre le MNHN, le film s’associe aussi l’Office national des forêts (ONF) et l’Unesco, entre autres, et s’accompagne d’actions pédagogiques d’éducation à l’environnement destinées aux enfants.

Des interactions à une échelle plus petite encore que celle des insectes échappent à l’œil de la caméra, « comme les acariens, qui interagissent avec l’arbre sous les feuilles et se nourrissent de petits parasites, mais qui ne sont pas faciles à montrer », convient Marc-André Selosse.

Au global, c’est une immersion en forêt mêlant douceur et exubérance et qui offre, par écran interposé, des points de vue peu accessibles aux humains ; Le Chêne sort en salles en France le 23 février 2022.

Chrystelle Carroy/Forestopic

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