La marque «Bois de France» s’outille pour la construction bois dans les marchés publics

Sciages (photo : droits réservés)
Sciages (photo : droits réservés)
La marque «Bois de France» s’outille pour la construction bois dans les marchés publics

La marque visant à garantir que le bois provient de forêts françaises et d’une transformation effectuée dans l’Hexagone met le cap sur le secteur de la construction.

 

La marque « Bois de France », pilotée par la Fédération nationale du bois (FNB), entend s’arrimer à la nouvelle réglementation environnementale RE2020 et à la commande publique pour prendre son essor dans la construction bois.

Or, circonscrire un marché public à l’origine géographique d’un produit, autrement dit appliquer la préférence locale ou le « localisme », contrevient aux règles de la concurrence. D’où le Guide pour un usage responsable du matériau bois dans la construction publique, tout juste publié, réalisé en partenariat avec l’interprofession forêt-bois régionale Fibois Île-de France, avec la collaboration du cabinet juridique Fidal et du bureau d’études Esteana, et relu par des maîtres d’ouvrage publics membres du Pacte Bois Biosourcés Île-de-France, initié fin 2020. D’une cinquantaine de pages, le document propose aux acheteurs publics d’appliquer des critères environnementaux, basés sur l’analyse du cycle de vie (ACV) dynamique*, voulue par la RE2020 et couvrant la production, la construction, la période d’usage et jusqu’à la fin de vie (démontage...), le recyclage et autre valorisation énergétique. Ensuite, de l’ACV, peut découler un critère portant sur l’empreinte carbone.

Les tenants de « Bois de France » partent du principe que le transport nécessaire à l’acheminement du bois d’importation alourdit l’empreinte carbone.

En complément, la base de données inies.fr centralise notamment les fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES), lesquelles présentent, entre autres informations, les ACV de produits de construction. De plus, la FNB a mis en ligne un configurateur de FDES (de-boisdefrance.fr), qu’il s’agisse de bardage, de charpente bois ou de mur à ossature bois.

La gestion durable des forêts peut être un autre critère entrant dans les exigences des maîtres d’ouvrage.

Des audits groupés pour plusieurs labels

C’est une certification de plus pour les entreprises. En ce sens, « Bois de France » mise sur une mutualisation des procédures.

Au chapitre de la gestion forestière, son cahier des charges exige du bois certifié PEFC, FSC, ou respectant le règlement européen RBUE, tandis que la marque tricolore autorise désormais les auditeurs de PEFC à contrôler aussi le « Bois de France ».

Dans la même logique, un récent partenariat entre « Bois de France » et la certification « Bois des territoires du Massif central » permet des audits groupés pour les entreprises s’engageant dans les deux démarches. Des travaux similaires ont eu lieu avec « Bois des Alpes ».

Un marché à consolider

Aujourd’hui, sur le marché national du bois construction, le bois français fournit 70 % des volumes utilisés au global (bâtiment neuf et rénovation), mais ce ratio descend entre 50 % et 60 % dans le neuf seul, d’après la FNB.

Et à l’échelle du Pacte francilien, la commande publique touche 20 % des engagements de surfaces de construction bois, selon Fibois Île-de-France.

Près de 2 ans après sa relance, la marque « Bois de France compte quasi 100 entreprises labellisées, des scieurs, des fabricants d’emballage, de charpente, ou des producteurs de bois énergie.

La marque estampille un produit ou même un projet. Ainsi, elle devrait s’appliquer à un premier bâtiment, début 2022. Sachant qu’un promoteur immobilier figure, pour l’heure, parmi les adhérents au label, REI Habitat.

C. C./Forestopic

* L’ACV dite dynamique prend en compte le stockage temporaire du carbone dans le bâtiment.

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