Présidentielle 2022: le bois énergie en campagne

Foyer d'une chaufferie bois (crédit photo: CC/Forestopic)
Présidentielle 2022: le bois énergie en campagne

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) présente ses propositions en perspective de l’élection présidentielle de 2022. Elles portent notamment sur le bois énergie et la chaleur renouvelable.

 

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) émet une soixantaine de propositions pour le quinquennat 2022-2027.

Dix propositions se veulent transversales, communes à toutes les énergies renouvelables. L’une d’elles vise la création d’un Fonds social pour le climat, accompagnant les ménages modestes et financé par 50 % de la contribution climat énergie (CCE), à hauteur de 5 milliards d’euros par an. Cette idée reprend un projet porté par l’Union européenne. Le syndicat invite aussi à mettre en place un « parcours renouvelable » dédié à la formation dans la transition énergétique, à instaurer une étude d’impact climatique couvrant l’ensemble des politiques publiques, ou encore à accompagner 1 000 PME et entreprises industrielles de taille intermédiaire dans leurs relations avec leurs donneurs d’ordre et dans leur stratégie d’investissement.

Fonds chaleur, MaPrimeRénov, prime à la casse

Parmi la cinquantaine de propositions sectorielles, six concernent le bois énergie.

Le SER demande plus de visibilité budgétaire dans les aides disponibles, exprimant son insatisfaction vis-à-vis du système actuel où les lois de finances révisent, chaque année, le montant des enveloppes. Il s’agit des soutiens du fonds chaleur, géré par l’Ademe et porté à 370 millions d’euros en 2022, et des aides « MaPrimeRénov », dédiées à la rénovation énergétique des logements. « Nous attendons que la loi de programmation énergétique (PPE) puisse dessiner des trajectoires de budget et tout cela en complémentarité avec le fonds social », insiste Jean-Louis Bal, président du SER.

L’organisation professionnelle plaide pour une extension des catégories de ménages éligibles à « MaPrimeRénov ». Elle invite à compléter ce dispositif par une prime à la casse, en vue de remplacer les vieux appareils de chauffage au bois par des équipements au goût du jour, « plus modernes et performants », en vue d’y gagner en termes de qualité de l’air et d’émissions de CO– c’est un axe du plan national sur le chauffage domestique au bois.

Fiscalité carbone, décret tertiaire, cogénération…

Le renforcement de la compétitivité des centrales à biomasse collectives, industrielles et tertiaires, passerait par une kyrielle de mesures : « Pérennisation de l’aide au fonctionnement accordée par le plan de relance, rééquilibrage du prix des énergies par une fiscalité carbone, aide au raccordement des bailleurs sociaux, hôpitaux, industriels, à des réseaux de chaleur et de froid », égrène le SER.

Le syndicat appuie la demande récurrente des scieries en faveur d’une relance des appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour de la cogénération, en vue d’une production de chaleur et d’électricité à haut rendement. Dans ce domaine, le fonds chaleur est aussi susceptible de faire évoluer ses soutiens.

Valoriser la gestion durable des forêts, ainsi que le bois énergie en tant que coproduit du bois d’œuvre, mobiliser plus de bois issu de l’économie circulaire (connexes, bois déchets), sont d’autres pistes identifiées.

Dans le bâtiment, l’installation d’une chaudière à biomasse, le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid renouvelable, mériteraient d’être pris en compte dans le cadre des objectifs de rénovation énergétique fixés par le « décret tertiaire », pris en application de la loi dite Élan sur le logement.

Enfin, le SER appelle à une « méthodologie uniforme de calcul du taux d’énergie renouvelable » dans le bâtiment, en présence d’une myriade de textes (certificat d’économie d’énergie, RE2020…).

Les revendications du SER font suite à celles présentées, quelques jours plus tôt, par les organisations professionnelles de la forêt et du bois.

C. C./Forestopic

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