Des innovations bois et l’étude de la transition forestière primés par l’Académie d’agriculture en 2019

Les panneaux décoratifs en bois contreplaqué de NP Rolpin proposent divers motifs sculptés
Des innovations bois et l’étude de la transition forestière primés par l’Académie d’agriculture en 2019

Des bardeaux qui emmènent le châtaignier de l’Est dans des usages en construction, des panneaux en bois contreplaqué qui vouent le pin maritime au design, se voient primés par l’Académie d’agriculture. Ainsi qu’une thèse sur l’expansion de la forêt.

 

Les forêts de France métropolitaine s’étendent et elles ne sont pas prêtes de s’arrêter en l’état actuel ; Anaïs Denardou-Tisserand a consacré une thèse à ce phénomène. L’Académie d’agriculture vient d’attribuer une médaille d’argent Dufrenoy à ses travaux, menés dans le cadre de l’université de Lorraine, et réalisés à l’unité de recherche Silva et à l’IGN.

Le minimum forestier du XIXe siècle sous-estimé

Anaïs Denardou-Tisserand avance que la surface forestière minimale, observée durant la première moitié du XIXe siècle, excéderait de 10 % les données brutes des statistiques officielles. Ce minimum forestier outrepasserait ainsi les 10 millions d’hectares. Les forêts auraient franchi le seuil des 11 millions d’hectares en 1908 pour couvrir 15,4 millions d’hectares en 2010. La colonisation naturelle par les arbres reste le premier moteur de cette transition forestière, soit le passage entre une période de régression et une phase d’extension des surfaces boisées.

En parallèle, est décryptée la croissance des forêts en volume, plus rapide que leur augmentation en surface. Cette capitalisation de bois sur pied est passée de 25 à 50 m3 par hectare en 1850 à plus de 160 m3 par hectare en 2010.

Les forêts privées, feuillues en particulier, ressortent comme les premières contributrices de cette double tendance, avec des variations selon les territoires.

Une thèse « originale à maints égards, d’abord par le nombre et l’hétérogénéité des sources de données qu’elle exploite », selon l’analyse de l’académicien Jean-Luc Peyron, qui y voit de quoi inspirer les politiques publiques.

Des panneaux de pin maritime sculptés

Sur le thème de la valorisation du bois français, l’Académie d’agriculture a décerné le trophée Jean-Paul Lanly 2019 au groupe NP Rolpin et à l’association Entraide Emploi, ce 26 septembre 2019.

NP Rolpin, basé dans les Landes (Nouvelle-Aquitaine), fabrique du contreplaqué en bois de pin maritime. Cette entité du japonais Nankai Plywood Group « a su diversifier ses productions vers des produits à valeur ajoutée », note l’Académie.

NP Rolpin, certifié PEFC, a notamment développé des panneaux décoratifs et des panneaux ignifugés ou traités à haute température. Ses panneaux design pour l’agencement font apparaître des motifs sculptés dans le bois, réalisés par usinage numérique, et à la signature esthétique rehaussée d’une gamme de finitions.

La tuile, un débouché pour le châtaignier de l’Est

Dans le Grand Est, Entraide Emploi a fédéré des acteurs institutionnels et privés autour d’un projet industriel pour le bois de châtaignier provenant de l’est de la France. Cette essence feuillue forme le matériau constitutif de tuiles (tavaillons), utilisées en couverture ou en bardage. Certes, la production de bardeaux en châtaignier existe déjà par ailleurs. Par exemple, Le Tavaillon de l’Allier en a fait sa spécialité. Ici, c’est, à l’échelle du territoire, un nouveau débouché dans la construction pour ce bois imputrescible.

Bardeaux en châtaignier de la filière bois du Grand Est (crédit photo: Forestiers d’Alsace)
Bardeaux en châtaignier de la filière bois du Grand Est (crédit photo: Forestiers d’Alsace)

Entraide Emploi apporte une dimension de réinsertion sociale. Et l’association n’est pas sans accointances avec la forêt et le bois ; le président de l’association forestière des Vosges du Nord, Jean Braud, est l’un de ses administrateurs.

L’association Forestiers d’Alsace fait part d’une filière du châtaignier qui tend à se structurer à l’échelle locale depuis quelques années, avec l’implication de l’association forestière des Vosges du Nord, du centre régional de la propriété forestière, de la coopérative Cosylval, de la chambre d’agriculture d’Alsace ou encore du parc naturel régional des Vosges du Nord.

C. C./Forestopic

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