En Normandie, la filière forêt-bois se sert les coudes

ProfessionsBois Normandie
En Normandie, la filière forêt-bois se sert les coudes

ProfessionsBois et Anoribois sont les premières interprofessions forêt-bois régionales à fusionner, suite à la réforme territoriale.

 

La Normandie ouvre le bal ! Ses deux interprofessions sont les premières à se mettre au diapason des nouvelles régions. Au titre de la réforme territoriale, Haute et Basse-Normandie se sont fondues dans la Normandie. Dans la filière forêt-bois, cela donne la création de ProfessionsBois Normandie, issu de l’absorption d’Anoribois par ProfessionsBois, officialisée le 19 mai 2016.

La nouvelle structure réunit les huit permanents des deux entités, et gère un budget de 650 000 euros. Elle siège à Alençon, avec pour président Christian Piquet, qui présidait jusqu’alors ProfessionsBois, et qui est aussi président de France Bois Régions.

Jean-Marie Leclercq, directeur de ProfessionsBois « ancienne version », prend la direction de l’interprofession normande. Olivier Boulay, directeur d’Anoribois, devient directeur de l’antenne de Bois-Guillaume.

Le contrat de filière forêt-bois de Haute-Normandie, signé en juillet 2015, s’étend désormais à l’ensemble de la région – il court jusqu’en 2017.

La Normandie se serre ainsi les coudes, jouant sur la complémentarité des deux ex-régions qui la composent. En Basse-Normandie, les scieries et les PME tiennent le haut du pavé. La Haute-Normandie se distingue plutôt par son tissu industriel, avec la présence du groupe Lefebvre (transformation du hêtre), de Linex Panneaux ou du papetier UPM Chapelle Darblay.

Chiffres clés sur la filière forêt-bois en Normandie
La filière forêt-bois normande (illustration Forestopic – source des données ProfessionsBois)

Au total, la Normandie rassemble 3 420 entreprises et 22 200 emplois dans la filière forêt-bois. Avec trois grands enjeux pour l’interprofession régionale : la construction bois, le bois-énergie et le bois local.

Valoriser les feuillus dans les systèmes constructifs

« Soutenir la construction bois fait partie de nos priorités, d'autant que ce n’est pas là où nous sommes le mieux placés par rapport aux autres régions »,

indique Jean-Marie Leclercq, directeur de ProfessionsBois Normandie.

Cela implique de faire appel aux résineux, et aussi de valoriser les feuillus, dont le chêne, dans des systèmes constructifs, en aménagement intérieur ou extérieur. ProfessionsBois pilote des travaux en ce sens, en lien avec des propriétaires forestiers et des entreprises.

Car la ressource régionale se compose à 80 % de feuillus. Le chêne se démarque à l’ouest, et le hêtre, à l’est.

« Des produits semi-finis ou finis, des petites sections en qualité secondaire de chêne et autres feuillus, sortent de nos scieries et pourraient alimenter des chantiers »,

relève Jean-Marie Leclercq.

À l’horizon, se profilent des enjeux sur la réglementation thermique, de type RT2020, et sur le bilan carbone des bâtiments.

Rester en pole position sur le bois-énergie

Concernant le bois-énergie, selon Jean-Marie Leclercq :

« L’enjeu est de conserver la pole position de la région où le marché du bois-énergie s’avère plus structuré qu’ailleurs. »

Les chaufferies collectives normandes produisent, chaque année, 17,4 tonnes équivalent pétrole pour 1 000 habitant. Cette performance s’explique en partie par la sécurisation de l’approvisionnement, avec l’existence depuis 20 ans d’une entreprise telle que Biocombustibles. La société compte, parmi ses actionnaires, des propriétaires et exploitants forestiers, des scieurs, ainsi que des industriels de la deuxième transformation. Jean-Marie Leclercq y voit « une belle aventure interprofessionnelle et un début d’intégration verticale ».

Enfin, comme d’autres, les Normands lorgnent sur les chantiers du Grand Paris, susceptibles d’apporter des opportunités.

Quant à la réforme territoriale, elle contribue ainsi à structurer la filière forêt-bois.

Chrystelle Carroy/Forestopic

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